Services de consommation supervisés

Depuis 20 ans, les services de consommation supervisée (SCS) ont été intégrés à l’éventail plus large des programmes de réduction des méfaits dans de nombreuses régions du monde, y compris au Canada. Les services de consommation supervisée visent à permettre aux personnes qui utilisent des drogues de le faire en toute sécurité, en présence de professionnel-les de la santé, sans craindre d’être arrêtées ou de faire une surdose accidentelle. Au Canada, ces services ont été mis en œuvre en réponse à l’épidémie de VIH parmi les personnes qui s’injectent des drogues et à une épidémie de surdoses d’opioïdes à Vancouver et à divers endroits en Colombie-Britannique, dans les années 1990. Cela découlait d’une prise de conscience croissante des responsables des politiques et du grand public, à savoir que la consommation de drogues n’était pas un échec moral mais plutôt un problème de santé publique qui devait être résolu au moyen d’interventions sanitaires et sociales fondées sur les données probantes.

On trouve à Vancouver deux sites de consommation supervisée. Le premier, un site d’injection, a ouvert ses portes en 2002 en tant que service auxiliaire du Dr. Peter Center, un centre offrant de multiples services en matière de VIH, dont un programme de santé de jour, un programme résidentiel de soins infirmiers spécialisés et des logements avec services de soutien améliorés pour les personnes vivant avec le VIH. Le site d’injection fait partie intégrante de l’ensemble du programme du Dr. Peter Center et il est accessible à toutes les personnes qui y ont recours.

Insite, une salle d’injection à haut volume, au rez-de-chaussée, a ouvert ses portes en 2003. À Insite, les personnes qui s’injectent des drogues peuvent recevoir toute une gamme de services médicaux, dont l’accès à des services de désintoxication et de logement de transition. Dans le cadre de l’évaluation de l’initiative Insite, plus de 40 articles évalués par des pairs ont été publiés et démontrent que le service a eu un effet positif significatif sur les utilisateurs du site et la communauté environnante. Voici certaines des conclusions :

  • Entre 2003 et 2011, le nombre de décès par surdose dans un rayon de 500 mètres d’Insite a diminué de 35 % en comparaison avec 9 % dans le reste de Vancouver.
  • Les personnes qui utilisent Insite sont plus susceptibles de s’inscrire à des programmes de traitement de la toxicomanie et à d’autres services de santé que celles qui n’utilisent pas le site.
  • Les personnes qui utilisent Insite sont moins susceptibles de partager des seringues.
  • Insite a contribué positivement à ramener l’ordre public dans les environs.
  • La criminalité liée à la drogue n’a pas augmenté dans le secteur.

Les services de consommation supervisée lancent un message puissant à la communauté : la santé et la sécurité des membres de la communauté qui utilisent des drogues sont d’une importance cruciale.

Les services de consommation supervisée se sont révélés rentables, salvateurs et propices à la création d’un environnement plus sécuritaire pour les personnes qui utilisent des drogues et pour le grand public. On s’intéresse de plus en plus, dans plusieurs villes du Canada, à ouvrir des services de consommation supervisée pour personnes marginalisées qui utilisent des drogues.

Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent aider et soutenir les régions sanitaires, dans la mise en œuvre de services de consommation supervisée, là où ils sont nécessaires, au Canada.

Ressources sur les services de consommation supervisée

Urban Health Research Initiative

Régie régionale de la santé Vancouver Coastal Health

Toronto Drug Strategy Supervised Consumption Services Toolkit

Observatoire européen des drogues et des toxicomanies