Des organisations du monde entier dénoncent la décision de l’Ontario de ne pas financer les sites de consommation supervisée restants

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Toronto, ON | March 31, 2026–Aujourd’hui, exactement un an après que le gouvernement de l’Ontario a forcé neuf sites de services de consommation et de traitement (CTS, également connus sous le nom de sites de consommation supervisée, ou SCS) à fermer à travers la province, plus de 250 organisations – dirigées par le HIV Legal Network, le Drug Strategy Network of Ontario, et la Coalition canadienne des politiques sur les drogues -. ont envoyé un message clair au gouvernement de l’Ontario. Ensemble, ils demandent au gouvernement de respecter les conseils d’experts d’organisations ayant une expérience inégalée en matière de toxicomanie, de suivre les preuves de plus en plus nombreuses démontrant le besoin évident de SCS, et de s’engager à garder les individus et les quartiers plus sûrs pour tout le monde en revenant sur la décision malavisée de supprimer les huit sites de SCS financés restants en Ontario.

Malgré les affirmations de la province selon lesquelles la fermeture des sites CTS en mars dernier n’a causé aucun problème, les données communiquées aujourd’hui lors d’une conférence de presse mettent en évidence une tendance inquiétante : Les données à l’échelle de l’Ontario montrent une forte augmentation des appels aux services médicaux d’urgence (+69,5 %) et de l’utilisation des services d’urgence (+67 %) pour des surdoses liées aux opioïdes au cours de la période qui a suivi la fermeture forcée de neuf sites CTS en mars 2025 en vertu de la loi sur les soins communautaires et le rétablissement (Community Care and Recovery Act).

“Ces tendances sont troublantes et justifient un examen très attentif de la part de la province”, déclare le Dr Gillian Kolla, de la Faculté de médecine de l’Université Memorial. “Le moment et l’ampleur de ces augmentations correspondent aux préoccupations soulevées au moment des fermetures au gouvernement de l’Ontario par d’innombrables experts en santé publique, y compris leurs propres conseillers internes. Le gouvernement a l’obligation de prendre ces tendances au sérieux et d’examiner le rôle qu’a pu jouer la suppression des services de consommation supervisée.”

Dans la ville de Toronto, les appels au SAMU pour des toxicités liées aux opioïdes ont augmenté de 82 % depuis la fermeture des sites CTS, passant de 192 appels en mars 2025 à 350 appels mensuels en janvier 2026, une forte hausse conforme à ce que les experts avaient prévenu qu’il se produirait à la suite de la fermeture des sites, et en contradiction flagrante avec la tendance à la baisse qui prévalait auparavant. À Hamilton, où le CTS de la ville a fermé en avril 2025, les interventions des services médicaux d’urgence liées aux opioïdes sont passées de 66 en avril 2025 à 199 en février 2026, soit le nombre mensuel le plus élevé enregistré depuis le début de la collecte des données. Prises ensemble, ces tendances soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à l’étude imparfaite et finalement peu concluante de la société d’État de l’Alberta récemment invoquée par le gouvernement de l’Ontario pour justifier les fermetures.

Les huit sites restants qui seront supprimés en juin 2026 ont desservi 120 997 personnes uniques et inversé 15 402 situations d’urgence liées à des surdosesCes résultats sont le fruit de relations exceptionnelles entre clients et prestataires et d’un ensemble impressionnant de services complémentaires, notamment des soins de santé primaires, des possibilités de traitement volontaire de la toxicomanie et de la santé mentale, des soutiens sociaux spécialisés, et plus encore.

“Ayant connu les deux côtés du système, la réduction des méfaits n’est pas théorique pour moi – elle permet de sauver des vies”, déclare Akosua Gyan-Mante. “J’ai vu de mes propres yeux comment la compassion, la dignité et l’absence de jugement peuvent maintenir les gens en vie suffisamment longtemps pour leur permettre d’accéder aux soins et de se stabiliser.”

Il est également prouvé que les initiatives de réduction des méfaits et les SCS réduisent la charge fiscale de l’Ontario en prévenant la transmission du VIH et de l’hépatite C, entre autres avantages en termes d’économies.

” La fermeture de ces sites, et l’attaque plus large et illogique contre la réduction des méfaits en Ontario et dans tout le Canada, est profondément inquiétante et s’avère déjà mortelle “, déclare Sandra Ka Hon Chu, codirectrice exécutive du Réseau juridique du VIH. “Priver les sites de consommation supervisée de financement et faire pression sur les gens pour qu’ils adoptent un modèle fondé uniquement sur l’abstinence – y compris les HART Hubs – ne fonctionnera pas. La consommation supervisée est un élément clé de la réponse à la crise de notre approvisionnement en drogues toxiques et non réglementées : elle ne peut pas être remplacée”.

“Nous encourageons vivement l’adoption de politiques en matière de drogues qui contribuent à la santé et à la sécurité des individus et des communautés, et non qui leur nuisent”, déclare Michael Parkinson, directeur général du Drug Strategy Network of Ontario. “Le gouvernement de l’Ontario a le devoir de garantir la vie, la liberté et la sécurité de tous ses résidents. Le fait de défaire intentionnellement des interventions qui ont fait leurs preuves garantit des résultats dangereux et coûteux, menaçant le soulagement que nous recherchons tous et que nous méritons.”

Nous demandons au gouvernement de l’Ontario de respecter les preuves et de revenir immédiatement sur sa décision désastreuse de continuer à défrayer les SCS et de forcer leur fermeture pendant une urgence de santé publique d’une ampleur historique.

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Pour consulter le dossier factuel qui présente des données sur l’impact de la fermeture de 2025 CTS en Ontario, voir Ce que disent les données probantes sur le financement des sites de consommation supervisée restants en Ontario.

Pour plus d’informations sur la nécessité d’étendre les services de consommation supervisée à l’ensemble du Canada, veuillez consulter le site suivant Développer les services de consommation supervisée : Qu’est-ce qui a changé au Canada ?

Contact presse
Dylan DeMarsh – [email protected]