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  • Le temps est venu de repenser notre approche en ce qui concerne la consommation de drogues en milieu carcĂ©ral

    Le temps est venu de repenser notre approche en ce qui concerne la consommation de drogues en milieu carcéral

    Il s’agit du troisiĂšme d’une sĂ©rie de trois articles consacrĂ©s Ă  l’importance d’envisager une rĂ©forme des politiques et programmes en vigueur dans les prisons canadiennes. Vous pouvez consulter le premier article ici et le deuxiĂšme article ici.

    Dans cette sĂ©rie d’articles, j’ai remis en cause l’efficacitĂ© des mesures de contrĂŽle des stupĂ©fiants en milieu carcĂ©ral et soulevĂ© un certain nombre de questions en ce qui concernel’accĂšs aux mĂ©dicaments dans les Ă©tablissements du Service correctionnel du Canada (SCC). Sous le gouvernement actuel, qui se veut dĂ©terminĂ© Ă  s’attaquer Ă  la criminalitĂ©,la population carcĂ©rale augmente et la majoritĂ© des dĂ©tenus dĂ©clare ĂȘtre aux prises avec des problĂšmes de toxicomanie. Face Ă  cette rĂ©alitĂ©, il importe de se demander si les dĂ©tenus font l’objet d’interventions, en matiĂšre de consommation de drogues, qui amĂ©liorent leur Ă©tat de santĂ© et leur bien-ĂȘtre, et facilitent leur rĂ©intĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© ?

    Pour les personnes dĂ©sireuses de rĂ©duire ou d’éliminer leur consommation d’alcool ou de drogues, les traitements de la toxicomanie peuvent avoir un impact positif. Au fil des annĂ©es, le SCC a Ă©laborĂ© plusieurs programmes ciblant la consommation de drogues en milieu carcĂ©ral (p. ex. les programmes d’intensitĂ© moyenne et Ă©levĂ©e) et dĂ©clare avoir enregistrĂ© des succĂšs aussi bien en milieu institutionnel que suite Ă  la libĂ©ration. Les Lignes directrices nationales du SCC relatives Ă  l’aiguillage vers les programmes correctionnels stipulent que les plans correctionnels doivent permettre aux prisonniers de participer ‘le plus tĂŽt possible’ aux programmes de lutte contre la consommation abusive de drogues. Cependant, plusieurs dĂ©tenus, y compris ceux aux prises avec de graves problĂšmes de toxicomanie, se retrouvent sur de longues listes d’attente.
    De nombreux obstacles s’opposent Ă  la prestation efficace et en temps opportun de traitements contre la toxicomanie en milieu carcĂ©ral. Les prisons constituent, de par leur conception, un milieu difficile pour les programmes de rĂ©adaptation. Les gens ne s’y trouvent pas volontairement. Les impĂ©ratifs de sĂ©curitĂ© dictent les procĂ©dures opĂ©rationnelles (p. ex. l’isolement cellulaire), ainsi que l’attitude adoptĂ©e par le personnel correctionnel et les employĂ©s des programmes. Il y a considĂ©rablement plus d’argent allouĂ© Ă  l’infrastructure de sĂ©curitĂ© qu’aux programmes, et le financement des programmes est davantage susceptible de subir des coupures budgĂ©taires. Par exemple, l’ombudsman des Services correctionnels du Canada a notĂ©que l’investissement dans le programme du SCC dans le traitement d’entretien de la mĂ©thadone, un traitement efficace de substitution aux opiacĂ©s, devait ĂȘtre rĂ©duit en 2014/15. Comme les populations carcĂ©rales continuent de croĂźtre et le financement public se rarĂ©fie, le surpeuplement qui en dĂ©coule (p. ex. la double occupation des cellules, le manque d’espace pour les programmes) et les problĂšmes de ressources (p. ex. le manque de personnel qualifiĂ© pour satisfaire Ă  la demande du programme) auront une incidence sur l’accessibilitĂ© et la qualitĂ© des programmes.

    Un autre aspect problĂ©matique est la hiĂ©rarchisation des candidats Ă©ligibles aux programmes de traitement de la toxicomanie. Les anciens membres du personnel correctionnel expliquent que la durĂ©e des peines et les dates d’admissibilitĂ© Ă  la mise en libertĂ© sont souvent utilisĂ©es pour dĂ©terminer qui aura d’abord accĂšs aux programmes. Les individus purgeant des peines plus courtes (p. ex. quatre ans ou moins) voient s’accĂ©lĂ©rer le plan d’exĂ©cution de leur peine. Inversement, ceux qui purgent des peines plus longues, peu importe leurs antĂ©cĂ©dents personnels, sont parfois dĂ©priorisĂ©s, ou ne sont retenus pour les programmes que plusieurs annĂ©es plus tard. Cela aboutit Ă  une situation incohĂ©rente. En outre, tout prisonnier prĂ©sentant une demande de libertĂ© conditionnelle sans avoir complĂ©tĂ© sa programmation dĂ©signĂ©e, est susceptible d’ĂȘtre jugĂ© inadmissible ou sans fondement.

    L’absence d’accĂšs en temps opportun aux traitements de la toxicomanie pourrait expliquer pourquoi certains dĂ©tenus continuent Ă  consommer de la drogue pendant leur incarcĂ©ration. Les politiques de tolĂ©rance zĂ©ro dans les prisons fĂ©dĂ©rales rendent difficile l’institution de programmes de sensibilisation et de services de rĂ©duction des mĂ©faits. J’ai dĂ©jĂ  traitĂ© en dĂ©tail des obstacles politiques et opĂ©rationnels, y compris la suppression d’élĂ©ments de preuve, qui empĂȘchent la mise en oeuvre de certains programmes de rĂ©duction des mĂ©faits, tels que les projets de tatouage sĂ©curitaire et de distribution de seringues au Canada. De tels programmes ont vu le jour dans d’autres pays. Ici au Canada, des efforts plurilatĂ©raux sont en cours pour renforcer l’appui apportĂ© Ă  la mise en oeuvre de programmes de distribution d’aiguilles et de seringues, en vue d’amĂ©liorer les services de santĂ© offerts aux dĂ©tenus.

    Il est essentiel de se rappeler que la plupart des dĂ©tenus fĂ©dĂ©raux sont Ă©ventuellement rĂ©intĂ©grĂ©s Ă  la collectivitĂ©. Pour les consommateurs de drogues, la pĂ©riode initiale suivant leur remise en libertĂ© est reconnue comme un moment critique. Il est possible qu’ils rĂ©intĂšgrent un rĂ©seau social qui encourage la consommation de drogues ou qu’ils recommencent Ă  consommer des drogues qui augmentent leur risque de surdose. Au cours de cette pĂ©riode de transition, la continuitĂ© des soins (p. ex. l’établissement de liens entre les anciens dĂ©tenus et les traitements communautaires de la toxicomanie et les services de rĂ©duction des mĂ©faits) est un autre domaine auquel il faudrait apporter d’importantes amĂ©liorations. Aussi est-il d’autant plus important que les toxicomanes puissent bĂ©nĂ©ficier de programmes et de services de traitement de qualitĂ© qui les aident Ă  accroĂźtre leur sĂ©curitĂ© pendant leur incarcĂ©ration. Si nous ne parvenons pas Ă  relever ces dĂ©fis, les mesures que nous prenons sont insuffisantes et arrivent trop tard.

  • Une situation douloureuse : L’accĂšs aux mĂ©dicaments en milieu carcĂ©ral

    Une situation douloureuse : L’accĂšs aux mĂ©dicaments en milieu carcĂ©ral

    Il s’agit du deuxiĂšme d’une sĂ©rie de trois articles consacrĂ©s Ă  l’importance d’envisager une rĂ©forme des politiques et des programmes en vigueur dans les prisons fĂ©dĂ©rales canadiennes. Vous pouvez consulter le premier article ici.

    prescription-meds-sqLorsqu’il s’agit de mĂ©dicaments en milieu carcĂ©ral, les agents correctionnels canadiens se prĂ©occupent d’abord de ne pas laisser entrer les drogues illĂ©gales dans les prisons. Par consĂ©quent, une attention insuffisante est accordĂ©e Ă  la consommation et Ă  l’accĂšs, en milieu carcĂ©ral, aux mĂ©dicaments psychotropes prescrits pour soigner les affections physiques ou mentales. Cette nĂ©gligence crĂ©e des lacunes de connaissances ayant une incidence nĂ©gative sur la santĂ© et le bien-ĂȘtre des prisonniers. De plus amples Ă©tudes et une amĂ©lioration des politiques rĂ©gissant l’accĂšs des prisonniers aux mĂ©dicaments s’imposent de toute urgence.

    Voici un aperçu du contexte : Les services de santĂ© dans les prisons fĂ©dĂ©rales doivent ĂȘtre dispensĂ©s conformĂ©ment Ă  la Loi sur le systĂšme correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition qui stipule que chaque dĂ©tenu recevra les « soins de santĂ© essentiels » et aura un « accĂšs raisonnable aux soins de santĂ© mentale non essentiels » qui contribueront Ă  sa rĂ©adaptation et au succĂšs de sa rĂ©insertion dans la collectivitĂ©. Le Service correctionnel du Canada (SCC) a instaurĂ© une Directive du Commissaire ainsi que plusieurs autres directives et procĂ©dures en ce qui concerne l’administration de mĂ©dicaments, y compris un Formulaire national auquel toutes les prisons fĂ©dĂ©rales doivent se conformer. Le formulaire explique en dĂ©tail aux mĂ©decins, pharmaciens, et personnel soignant, quels mĂ©dicaments sont admissibles en milieu carcĂ©ral. Plusieurs mĂ©dicaments psychotropes sont exclus du formulaire parce qu’ils prĂ©sentent un risque Ă©levĂ© de mauvaise utilisation ou de dĂ©tournement (p. ex. les dĂ©tenus pourraient vendre leurs mĂ©dicaments, ou ĂȘtre victimes d’intimidation de la part d’individus voulant acquĂ©rir leurs mĂ©dicaments). Les substances psychoactives figurant au formulaire font l’objet de restrictions prĂ©cises (p. ex., elles ne peuvent ĂȘtre prescrites que dans certaines circonstances, ne peuvent ĂȘtre administrĂ©es pendant plus d’une semaine, doivent ĂȘtre prises sous observation directe, etc
). En dĂ©pit des rĂšgles et rĂšglements en vigueur, les employĂ©s d’organismes externes, ainsi que les anciens employĂ©s du SCC, signalent que des politiques plus claires et des pratiques amĂ©liorĂ©es s’imposent.

    Les individus admis dans le rĂ©seau carcĂ©ral sont gĂ©nĂ©ralement perturbĂ©s dĂšs leur arrivĂ©e. Les mĂ©dicaments qui leur Ă©taient administrĂ©s lorsqu’ils faisaient partie de la collectivitĂ© leur sont refusĂ©s, totalement ou progressivement. Plusieurs facteurs, y compris le manque de communication entre les prestataires de soins de santĂ© et le personnel de sĂ©curitĂ©, le respect scrupuleux du formulaire, ou les changements apportĂ©s Ă  ce dernier, peuvent contribuer Ă  prolonger le dĂ©lai qui s’écoulerait avant qu’un dĂ©tenu puisse reprendre ou commencer un traitement. Il est clair qu’une telle situation provoque des rĂ©percussions sur la santĂ© mentale et / ou physique d’un dĂ©tenu.

    Les observateurs du systĂšme et les anciens employĂ©s du SCC relatent les expĂ©riences de dĂ©tenus aux prises avec de graves symptĂŽmes psychologiques, auxquels des transfĂšrements ont Ă©tĂ© imposĂ©s avant qu’ils ne puissent recevoir les mĂ©dicaments appropriĂ©s. Pour soulager la douleur, les praticiens exerçant en milieu carcĂ©ral Ă©prouvent des difficultĂ©s lorsqu’il prescrivent les quelques mĂ©dicaments contre la douleur figurant au formulaire. Dans certains cas, l’administration de mĂ©dicaments contre la douleur, auxquels les dĂ©tenus avaient accĂšs pendant plusieurs annĂ©es avant leur incarcĂ©ration, est interrompue. Les dĂ©tenus ont parfois la possibilitĂ© de consulter des spĂ©cialistes du traitement de la douleur travaillant en milieu communautaire, et ces derniers peuvent formuler des recommandations en ce qui concerne les soins de santĂ© administrĂ©s en milieu carcĂ©ral, mais de telles occasions ne se prĂ©sentent pas nĂ©cessairement en temps opportun, ou de façon uniforme. Des exceptions au formulaire peuvent Ă  l’occasion ĂȘtre accordĂ©es, mais il s’agit d’un processus incertain sans aucune garantie. La politique de tolĂ©rance zĂ©ro rĂ©gnant dans les prisons fĂ©dĂ©rales ne facilite en rien cette situation. Les dĂ©tenus prĂ©sentant une demande de mĂ©dicaments psychoactifs pour traiter la douleur ou toute autre affection sont souvent considĂ©rĂ©s comme des « toxicophiles » et attirent donc les soupçons.

    Il convient de souligner que certains groupes sont plus susceptibles de se faire prescrire ou de prendre des mĂ©dicaments psychotropes (le plus souvent sous la forme d’automĂ©dication) et sont donc touchĂ©s de façon disproportionnĂ©e par l’absence d’accĂšs aux mĂ©dicaments en temps opportun. Ces groupes incluent : les dĂ©tenus atteints de problĂšmes de santĂ© mentale et ceux souffrant de traumatismes psychologiques; les femmes prisonniĂšres, plus particuliĂšrement celles issues de milieu autochtone; les dĂ©tenus Ă©prouvant une douleur physique chronique, y compris les personnes atteintes de VIH qui souffrent de neuropathie pĂ©riphĂ©rique douloureuse, ainsi que les prisonniers ĂągĂ©s ou vieillissants. Le Bureau de l’EnquĂȘteur correctionnel reconnait depuis longtemps le besoin de mieux rĂ©pondre aux besoins des prisonniers en matiĂšre de santĂ© physique et mentale, y compris l’accĂšs aux mĂ©dicaments et a rĂ©cemment indiquĂ© que 63% des femmes dĂ©tenues dans les prisons fĂ©dĂ©rales reçoivent des mĂ©dicament psychotropes pour traiter les symptĂŽmes de maladie mentale.

    Pour garantir l’accĂšs des dĂ©tenus aux « soins de santĂ© essentiels » auxquels ils ont droit, ceux et celles d’entre nous qui sommes chercheurs, prestataires de services et dĂ©fenseurs des soins de santĂ© en milieu carcĂ©ral devons poursuivre cette question. Si nous voulons une sociĂ©tĂ© juste et humaine qui prend en considĂ©ration la santĂ© et le bien-ĂȘtre des dĂ©tenus, il est nĂ©cessaire d’approfondir nos connaissances au sujet de l’accĂšs aux mĂ©dicaments en milieu carcĂ©ral.

  • Le contexte entourant l’application des lois antidrogues dans les prisons fĂ©dĂ©rales canadiennes

    Le contexte entourant l’application des lois antidrogues dans les prisons fĂ©dĂ©rales canadiennes

    Voici le premier d’une sĂ©rie de trois articles consacrĂ©s Ă  l’importance d’envisager une rĂ©forme des politiques et programmes en vigueur dans les prisons canadiennes.

    Au cours des derniĂšres annĂ©es, le Service Correctionnel du Canada (SCC) a intensifiĂ© ses efforts visant Ă  empĂȘcher l’introduction de drogues dans les prisons. NĂ©anmoins, la prioritĂ© accordĂ©e Ă  la dĂ©tection des drogues et Ă  l’application des lois antidrogues en milieu carcĂ©ral semble ĂȘtre Ă  l’origine de plusieurs problĂšmes.

    Pour certains, une peine d’emprisonnement constitue en effet une chance de se « dĂ©sintoxiquer ».  Cependant, l’idĂ©e qu’une prison offre un endroit sĂ»r et libre de drogues pour tous est fondĂ©e sur des hypothĂšses erronĂ©es au sujet de la rĂ©duction de la demande et de l’offre de stupĂ©fiants en milieu carcĂ©ral. Dans le cadre de mes recherches, j’ai dĂ©couvert qu’en dĂ©pit d’un financement considĂ©rable et de l’application accrue de lois antidrogues dans les prisons, l’objectif de non-circulation de la drogue dans les prisons est encore loin de pouvoir se rĂ©aliser au Canada.

    En 2007, le SCC a mis en oeuvre son Programme de transformation qui inclut, dans le cadre de ses cinq domaines d’action prioritaire, « l’élimination des drogues en milieu carcĂ©ral ». L’annĂ©e suivante, le systĂšme carcĂ©ral fĂ©dĂ©ral a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un investissement de120 millions de dollars Ă©chelonnĂ© sur cinq anspour intensifier sa stratĂ©gie antidrogues . Ce financement visait Ă  amĂ©liorer les outils permettant de dĂ©tecter, perturber et dissuader la consommation de drogues dans les prisons, tels que les tests de dĂ©pistage alĂ©atoires de drogues dans l’urine, les agents de renseignement de sĂ©curitĂ©, les chiens dĂ©tecteurs de drogues et les scanneurs ioniques. Il s’agit lĂ  d’une trousse d’outils Ă©norme et coĂ»teuse, et nous ne disposons toujours pas de preuves certaines de son efficacitĂ©.

    Les avis demeurent partagĂ©s sur l’application des lois antidrogues et leur incidence en milieu carcĂ©ral. Certains observateurs bien renseignĂ©s, tels que les anciens agents correctionnels et les employĂ©s d’organismes communautaires offrant un soutien aux prisonniers, dĂ©clarent que le renforcement des mesures d’application des lois antidrogues a non seulement Ă©chouĂ© Ă  empĂȘcher l’introduction de drogues dans les prisons, mais contribue au contraire Ă  aggraver la situation. Les problĂšmes liĂ©s aux mesures d’application incluent les individus qui changent le type de drogue qu’ils consomment (qui passent p. ex. du cannabis aux opiacĂ©s) pour Ă©viter d’ĂȘtre repĂ©rĂ©s, une recrudescence des comportements Ă  risque, des tensions accrues, la violence liĂ©e au commerce de la drogue et une baisse du nombre de visiteurs.

    Les consĂ©quences peuvent ĂȘtre immĂ©diates ou se prolonger bien au delĂ  de la peine d’emprisonnement. Par exemple, lorsque les prisonniers qui s’injectent des drogues partagent leurs aiguilles, ils risquent de contracter le VIH et l’hĂ©patite C . Lorsque les familles, les amis, et les bĂ©nĂ©voles se sentent marginalisĂ©s et accablĂ©s par des mesures de sĂ©curitĂ© envahissantes, oulorsqu’on leur refuse l’accĂšs en raison de renseignement potentiellement inexacts, ils visitent moins souvent, ou cessent tout simplement de visiter. Ceci affaiblit les rapports essentiels Ă  la rĂ©insertion fructueuse des dĂ©tenus au moment de leur libĂ©ration.

    Ces problĂšmes sont souvent rĂ©interprĂ©tĂ©s ou rejetĂ©s par le SCC. Le SCC souligne plutĂŽt l’augmentation du nombre de saisies de drogue et le nombre rĂ©duit de tests d’urine positifs et de refus, pour indiquer que les mesures d’application de la loi fonctionnent. Les visiteurs qui tournent le dos aux portes des prisons sont prĂ©sentĂ©s comme Ă©lĂ©ments probants de l’efficacitĂ© des mesures visant Ă  dissuader les dĂ©tenteurs de stupĂ©fiants. Bref, ces questions demeurent controversĂ©es. Mais il importe de souligner que le SCC, ainsi que les autres autoritĂ©s pĂ©nitentiaires, ont tendance Ă  blĂąmer les dĂ©tenus et les visiteurs pour tous les problĂšmes liĂ©s Ă  la drogue, sans Ă©gard Ă  l’incidence de leur politique Ă  tolĂ©rance zĂ©ro et Ă  son application.

    Cette approche focalisĂ©e qui exclut les informations et les perspective divergentes rend difficile la tĂąche de rĂ©former les approches et les pratiques courantes. Il y a quelques annĂ©es, le ComitĂ© parlementaire permanent de la sĂ©curitĂ© publique et nationale  a rassemblĂ© un groupe variĂ© d’intervenants et d’experts bien informĂ©s, dont des reprĂ©sentants du SCC, pour Ă©tudier le« problĂšme accablant » des drogues et de l’alcool en milieu carcĂ©ral. Les tĂ©moins ont exprimĂ© des « points de vue trĂšs divergents au sujet des politiques et des mesures prises par le SCC ». Certains ont mĂȘme tĂ©moignĂ© que l’application des lois antidrogues n’a pas rĂ©ussi Ă  Ă©liminer les stupĂ©fiants du milieu carcĂ©ral et contribue Ă  compromettre la santĂ© et la sĂ»retĂ© des dĂ©tenus, du personnel pĂ©nitentiaire et des collectivitĂ©s. En dĂ©pit de tout cela, le rapport final recommandait un investissement continu dans le renforcement des mesures d’application des lois antidrogues et s’obstinait Ă  dĂ©fendre son engagement envers « l’établissement de prisons sans drogues ». Autrement dit, il ne s’écartait pas du Programme de transformation. Les Canadiens devraient porter un regard critique sur de tels rapports et demander quels changements ont rĂ©ellement Ă©tĂ© apportĂ©s.

    Le SCC administre un grand nombre de dĂ©tenus dans des prisons implantĂ©es d’un bout Ă  l’autre du Canada. Bien que nous prĂ©conisions une rĂ©forme des politiques sur les drogues hors du milieu carcĂ©ral, nous ne devons pas oublier les politiques et les programmes qui affectent les consommateurs de drogues purgeant une peine de ressort fĂ©dĂ©ral (y compris le nombre disproportionnĂ© de personnes autochtones). Une Ă©valuation complĂšte et bien conçue des mesures d’application des lois antidrogues en milieu carcĂ©ral se fait attendre depuis beaucoup trop longtemps. Et compte tenu de la consommation continue de drogues dans les prisons canadiennes, une Ă©valuation rĂ©aliste des programmes appropriĂ©s de rĂ©duction des mĂ©faits, tels que l’éducation Ă  la consommation de drogues plus sĂ©curitaire et les programmes de distribution de seringues, devraient Ă©galement ĂȘtre une prioritĂ©.

  • Assurer la sĂ»retĂ© des festivaliers en adoptant des stratĂ©gies de rĂ©duction des mĂ©faits

    Assurer la sûreté des festivaliers en adoptant des stratégies de réduction des méfaits

    L’approche de l’hiver Ă©voque en moi des souvenir de la saison estivale.  Comme bon nombre de jeunes Canadiens, j’ai passĂ© un Ă©tĂ© rempli d’aventures, de randonnĂ©es pĂ©destres et de camping, d’un bout Ă  l’autre de la province, tirant profit de la plus grande libertĂ© que nous apporte le beau temps. J’ai eu la chance d’assister Ă  plusieurs festivals de musique cet Ă©tĂ©. J’adore les festivals. Passer une fin de semaine loin de chez soi Ă  Ă©couter de la bonne musique, Ă  faire du camping avec les copains et Ă  danser toute la nuit sous les Ă©toiles
 la magie et la féérie du milieu des festivals attire une multitude de participants Ă  chaque annĂ©e.

    Et pourtant, ces festivals ont un cĂŽtĂ© plus sombre. Les drogues « rĂ©crĂ©atives » telles que l’ecstasy, la kĂ©tamine et la cocaĂŻne se retrouvent frĂ©quemment dans les festivals de musique et la consommation non rĂ©glementĂ©e de telles drogues peut entraĂźner de graves consĂ©quences. Cet Ă©tĂ© au Canada, prĂšs de 80 personnes ont Ă©tĂ© admises dans des hĂŽpitaux suite Ă  des incidents impliquant des drogues consommĂ©es lors de festivals. Deux de ces personnes ont perdu la vie. Elles Ă©taient ĂągĂ©es de 20 et 22 ans, respectivement. Malheureusement, de tels scĂ©narios ne sont pas rares. Chaque annĂ©e, des jeunes participent Ă  des festivals, et chaque annĂ©e, certains y perdent la vie. Le Centre Canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies signale que la majoritĂ© des consommateurs d’ecstasy sont ĂągĂ©s de 15 Ă  24 ans. Il ne s’agit pas de dangereux criminels. Annie Trong-Le, dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  l’ñge de 20 ans d’une surdose de drogues rĂ©crĂ©atives, Ă©tait Ă©tudiante en sciences politiques Ă  l’UniversitĂ© York et offrait rĂ©guliĂšrement ses services Ă  sa communautĂ© Ă  titre de bĂ©nĂ©vole. Ces jeunes normaux proviennent de familles normales. Que se passe-t-il donc?

    Les festivals de musique connaissent une popularitĂ© grandissante. Shambhala, un festival de musique Ă©lectronique qui se tient Ă  Salmo, en Colombie-Britannique, a limitĂ© la participantion au festival Ă  10 000 personnes, ce qui multiplie par dix le niveau de participation au festival depuis sa crĂ©ation en 1998. Le festival de musique de Squamish Valley a attirĂ© prĂšs de 10 000 spectateurs cette annĂ©e. Le festival de music Basscoast, qui se tenait auparavant Ă  Squamish, a Ă©largi ses activitĂ©, limitĂ© le nombre de participants et s’est dĂ©placĂ© vers Merritt, en Colombie-Britannique.

    Cette augmentation est en partie attribuable Ă  l’énorme hausse de popularitĂ© de la musique de danse Ă©lectronique au cours des derniĂšres annĂ©es. Selon l’International Music Summer Consumer report de 2012, l’industrie de la musique de danse Ă©lectronique, qui se chiffre actuellement Ă  6,4 milliards de dollars, est le genre musical connaissant la croissance la plus rapide aux États-Unis. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne est observable au Canada. Les festivals qui attiraient Ă  l’époque des artistes rock importants attirent aujourd’hui des DJ au succĂšs phĂ©nomĂ©nal, dont Skrillex et Deadmau5.

    Indissociable de la scĂšne musicale Ă©lectronique est le MDMA, Ă©galement connu sous le nom d’ecstasy ou de « molly ». Le MDMA est omniprĂ©sent dans la culture populaire. Miley Cyrus, dans un de ses «hits », chante : « We Can’t Stop», «la-di-da-da-d/We like to party/Dancing with molly/Doin’ whatever we want ». Madonna nous en a mis plein la vue cette annĂ©e lorsqu’elle a impunĂ©ment intitulĂ© son nouvel album « MDNA » et demandĂ© Ă  ses spectateurs « OĂč est donc passĂ©e molly »? Ayant moi-mĂȘme assistĂ© Ă  trois festivals cet Ă©tĂ©, il m’était impossible d’ignorer la consommation de MDMA, nettement Ă  la hausse. Les pistes de danse des festivals, jadis jonchĂ©s de gobelets de biĂšre, sont dĂ©sormais peuplĂ©s de jeunes vĂȘtus de couleurs fluo, qui se gavent de pilules. Avec la popularitĂ© croissante de la musique de danse Ă©lectronique, la culture rave est de nouveau en plein essor, et malgrĂ© le manque gĂ©nĂ©ral de donnĂ©es recueillies, il me parait Ă©vident que la consommation de MDMA et de drogues rĂ©crĂ©atives est Ă  la hausse.

    Ironiquement, le problĂšme n’est pas que les jeunes consomment du MDMA, mais bien que ce qu’ils consomment n’est PAS du MDMA. Sous forme pure et non contaminĂ©e, le MDMA augmente la production du neurotransmetteur sĂ©rotonine dans le cerveau, ce qui crĂ©e un sentiment d’extase, de confiance et de rapprochement et, bien que fortement disputĂ©es, les donnĂ©es factuelles donnent Ă  penser qu’il est peu probable que les effets du MDMA pur puissent entraĂźner la mort (certains laboratoires Ă©tudient mĂȘme le potentiel thĂ©rapeutique du MDMA). Le problĂšme est que le MDMA, gĂ©nĂ©ralement disponible sous forme de gĂ©lule ou de comprimĂ©, est souvent imprĂ©gnĂ© de substances plus dangereuses, telles que les amphĂ©tamines, la cocaĂŻne ou d’autres dĂ©rivĂ©s dangereux du MDMA, tels que la PMMA. Ces substances, plus particuliĂšrement lorsqu’ingĂ©rĂ©es Ă  l’insu du consommateur, peuvent provoquer des crises cardiaques, de l’hyperthermie et des convulsions, parmi d’autres symptĂŽmes possibles. La plupart des surdoses mortelles de drogues rĂ©crĂ©atives impliquent en fait des consommateurs ayant ingĂ©rĂ© Ă  leur insu des substances dangereuses qui leur Ă©taient inconnues.

    Il est impossible pour la plupart des consommateurs de drogues rĂ©crĂ©atives de savoir exactement ce qu’ils consomment. MĂȘme aprĂšs avoir consommĂ© plusieurs fois avec succĂšs des drogues rĂ©crĂ©atives, une seule dose de drogue contaminĂ©e peut provoquer une mort subite et imprĂ©vue. Maintenir une ferme approche « anti-drogues » n’empĂȘchera pas les jeunes de consommer des drogues. Et il est tout simplement inacceptable que la mort fasse partie intĂ©grante du milieu des festivals. Nous devons trouver des alternatives plus sĂ»res pour les consommateurs de drogues. Sinon, la situation ne fera que s’aggraver.

    Certains organismes ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  prendre le contrĂŽle. Au festival Shambhala, l’AIDS Network Kootenay Outreach and Support Society (ANKORS, ou le rĂ©seau de soutien et de sensibilisation au SIDA de la rĂ©gion Kootenay) a installĂ© un kiosque gratuit de dĂ©pistage des drogues inconnues (Et ça fonctionne! Consultez les statistiques ci-dessous). Le Trip Project de Toronto et Dance Safe de San Francisco informent, sensibilisent et exercent des activitĂ©s de dĂ©pistage de drogues auprĂšs des festivaliers adeptes de musiques de danse Ă©lectronique, pour leur permettre d’accroĂźtre leur sĂ»retĂ© et d’approfondir leurs connaissances en matiĂšre de drogues. Plusieurs festivals offrent des « espaces de recueillement » oĂč les consommateurs de drogues qui se sentent dĂ©passĂ©s ou mal Ă  l’aise peuvent se reposer dans un environnement non critique oĂč travaillent des professionnels des soins d’urgence. Bien que la plupart des festivals dĂ©clarent clairement qu’ils ne favorisent pas la consommation de drogues, ils indiquent clairement oĂč trouver de l’aide en cas de besoin. Les programmes de rĂ©duction des mĂ©faits surgissent un peu partout dans le milieu des fĂȘtes branchĂ©es.

    MĂȘmes les petites avancĂ©es en faveur de la rĂ©duction des mĂ©faits peuvent apporter de grands changements. Un meilleur accĂšs aux trousses de dĂ©pistages dans les festivals et les fĂȘtes branchĂ©es doit devenir la norme. L’UniversitĂ© de l’Alberta travaille dĂ©jĂ  Ă  l’élaboration de trousses de dĂ©pistage rapide, conçues pour aider les autoritĂ©s Ă  contrĂŽler la composition des drogues de rue. Des tests amĂ©liorĂ©s de dĂ©pistage de drogues pourraient aider Ă  Ă©liminer les trafiquants de drogues malhonnĂȘtes qui ajoutent des substances dangereuses Ă  leurs produits, ce qui permettrait d’accroĂźtre la sĂ»retĂ© des consommateurs. De mĂȘme, une meilleure Ă©ducation Ă  la consommation de drogues, dispensĂ©e au foyer et Ă  l’école par des adultes en qui les jeunes ont confiance, peut aider les jeunes Ă  faire des choix plus sĂ»rs.

    En vĂ©ritĂ©, le monde des fĂȘtes branchĂ©es est en plein changement. Les jeunes perdent la vie. L’heure est venue de songer Ă  leur sĂ©curitĂ©.

    *****

    Ankors établit des statistiques à chaque année, fondées sur les résultats de leurs activités de dépistage de drogues recueillis lors du festival de musique Shambhala. Les statistiques suivantes ont été recueillies au cours du festival de 2013.

    Nombre total de tests de dépistage : 2 254
    Nombre de drogues éliminées aprÚs le test : 155 (6,8%)
    Nombre de tests effectués sur des comprimés de MDMA ayant révélé la présence de MDMA : 1 302
    Nombre de tests effectuĂ©s sur des comprimĂ©s de MDMA n’ayant pas rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence de MDMA : 339
    Taux d’échec des comprimĂ©s de MDMA : 21%
    Échantillons de kĂ©tamine ayant rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence de kĂ©tamine : 158
    Échantillons de kĂ©tamine n’ayant pas rĂ©vĂ©lĂ© la prĂ©sence de kĂ©tamine : 63
    Taux d’échec des Ă©chantillons de kĂ©tamine : 29%
    Substances étrangÚres : 91
    PMMA : 77

    Source: Alexandra Pozadzki, Globe and Mail

  • To ticket or not to ticket – Conservatives take a tiny step on cannabis

    To ticket or not to ticket – Conservatives take a tiny step on cannabis

    For a split second, the door to drug policy reform in Canada opened ever so slightly. But then Justice Minister Peter MacKay was quick to slam it shut: “We’re not talking about decriminalization or legalization.”

    On March 5th, MacKay announced that the federal government is looking at changes to the Controlled Drugs and Substances Act that would make it possible for police to issues tickets for possession of small amounts of cannabis.

    The announcement follows last summer’s resolution from the Canadian Association of Chiefs of Police asking the federal government to consider ticketing options. But it also follows Justin Trudeau’s considerably bolder endorsement of cannabis legalization. So I can’t help but wonder if this is a move to stem the Liberals’ rise in the polls.

    MacKay’s proposal would allow police to issue tickets to people possessing less than 3 grams of cannabis. It’s a positive move in one way, because it means these cases will no longer be sent to criminal court. So otherwise law-abiding citizens will not be burdened with a record of criminal conviction, which can have serious implications for travel and employment.

    But it also comes with the potential of a significant downside. In Australia, for example, similar measures resulted in a “net-widening” effect. That is, because it was easier for police to process minor cannabis offences, individual officers shifted away from using case-by-case discretion in giving informal cautions, to a process of formally recording all minor offences. The result was a significant increase in formal infractions, but no change in the pattern of cannabis use.

    Still even if we assume MacKay’s changes hold promise, we need to be clear that these modest steps are not the endgame to a much needed overhaul to drug laws in this country – especially considering that jurisdictions bordering Canada are moving toward legalization. Is this is best Canada can do given the momentous changes taking place around the world?

    Critics of legalization take pains to point out that cannabis can harm the health of its users. Of course it can! So can alcohol, but the lesson of alcohol prohibition is that an underground market is an unsafe market. The purpose of a legally regulated cannabis market is to ensure that we use the painful mistakes of alcohol and tobacco regulation to create the best possible approach to cannabis. Regulation rather than prohibition will make this substance safer, control its production and distribution, and ensure that at least some of the profits go to the public coffers.

    The other problem with cannabis prohibition is that the effects of drug laws are inequitably applied to poor and Indigenous Canadians. And prohibition doesn’t keep cannabis out of the hands of kids. As Unicef’s 2013 report on the well-being of children in rich countries reveals, Canadian youth use the most marijuana compared to our economic counterparts around the world. Yet they use the third least amount of tobacco. What accounts for this second stat? A solid, legally regulated market that relies on stringent controls and education about the harms of tobacco.

    It’s great that MacKay has taken a first step, but we need to keep moving toward a saner, safer approach to cannabis use. The CDPC is committed to talking with Canadians about the possibilities of cannabis regulation. To that end, in the coming months we’ll unveil proposals to help to build a regulatory framework that takes into consideration what we’ve learned from public health approaches to alcohol and tobacco. Canada can do better.

  • Measuring lives saved: the facts about safer consumption services

    Measuring lives saved: the facts about safer consumption services

    This post first appeared in the Centre for Addictions Research of BC’s blog Matters of Substance.

    Despite the pragmatic nature of harm reduction programs, and their demonstrated ability to save lives, controversy still dogs efforts to scale-up harm reduction. One of the most misunderstood and controversial initiatives are safer consumption services (SCS).

    In the last 20 years, SCS services (sometimes also known as safer injection services (SIS) have been integrated into drug treatment and harm reduction programs in Western Europe, Australia, and Canada. The focus of these services is facilitating people to safely consume pre-obtained drugs with sterile equipment. These services can be offered using a number of models including under the supervision of health professionals or as autonomous services operated by groups of people who use drugs.

    The objectives of SCS include preventing the transmission of blood-borne infections such as HIV and hepatitis C; improving access to health care services for the most marginalized groups of people who use drugs; improving basic health and well-being; contributing to the safety and quality of communities; and reducing the impact of open drug scenes on communities.

    Safer consumption services grew out of the recognition that low-threshold, easily accessible programs to reduce the incidence of blood-borne pathogens were effective and cost-effective. This was the conclusion of over 30 research studies on Vancouver’s own supervised injection site known as Insite.

    Research has found that SIS services:

    • are actively used by people who inject drugs including people at higher risk of harm;
    • reduce overdose deaths — no deaths have occurred at Insite since its inception;
    • reduce behaviours such as the use of shared needles which can lead to HIV and Hep C infection;
    • reduce other unsafe injection practices and encourage the use of sterile swabs, water and safe needle disposal. Users of these services are more likely to report changes to their injecting practices such as less rushed injecting;
    • increase the use of detox and other treatment services. For example, the opening of Insite in Vancouver was associated with a 30% increase in the use of detoxification services and in Sydney, Australia, more than 9500 referrals to health and social services have been made since the service opened, half of which were for addiction treatment;
    • are cost-effective. Insite prevents 35 new cases of HIV and 3 deaths a year providing a societal benefit of approximately $6 million per year. Research estimates that in Sydney, Australia, only 0.8 of a life per year would need to be saved for the service to be cost-neutral;
    • reduce public drug use; and reduce the amount of publically discarded injection equipment; and
    • do not cause an increase in crime.

    Professional groups such as the Canadian Medical Association, the Canadian Nurses Association, the Public Health Physicians of Canada, the Registered Nurses Association of Ontario, and the Urban Public Health Network have expressed their support for SCS.

    Clearly it’s time to move beyond controversy and get on with creating more of these life-saving programs.

  • Cannabis regulation is by no means a simple matter, but it can be done

    Cannabis regulation is by no means a simple matter, but it can be done

    At the Canadian Drug Policy Coalition (CDPC) one of things we’ve noticed is that any blog we publish on cannabis regulation attracts more attention than any other topic. This is because there’s widespread interest in any discussion of changes to the laws that govern cannabis. Unfortunately when it comes to the nuts and bolts of cannabis regulation – in other words – the how of regulation, interest tends to drop off. This is because regulation is actually rather tedious. This claim is borne out by the length of the proposed regulations for legal recreational cannabis markets in the U.S. states of Washington and Colorado. That’s why I’m going to make a special plea to you our dear readers to stay with me as I say a few words about what regulation might actually entail.

    ucurveI think it’s fair to suggest that the CDPC favours a model of regulation that draws on the best evidence from public health regulation of alcohol and tobacco. But when it comes to cannabis regulation the devil really is in the details.

    There’s no magic bullet that will make all the current problems with cannabis prohibition disappear. But thanks to the Health Officer’s Council of BC, some of the heavy lifting when it comes to creating models for drug regulation has been done. If you’re curious, check out their 2011 report. As you can see from the diagram drawn from their 2011 report, regulations for cannabis should not be so loose that they create a free and unregulated market for cannabis; nor should regulations be so overly restrictive that we end up reproducing the negative aspects of the current underground economy (control by organized crime, etc.).

    At the same time we need to be clear about the goals we hope to achieve with a legal regulated market for cannabis. Ideally our regulations will help protect and improve public health, reduce drug related crime, protect the young and vulnerable, protect human rights and provide good value for money. So what are some of the things we’ll need to consider? How about we start with the basics.

    Presumably legalization would entail the removal of cannabis from Schedule 2 of the federal Controlled Drugs and Substances Act, followed by its inclusion in the Food and Drug Act. It seems like the next logical thing to do would be to then turn over the regulation of cannabis to the provinces, in the same way that alcohol is currently regulated. We would want to ensure that there is at least some consistency across the provinces so that means somebody at the federal level will have to oversee the regulations as they emerge. That’s the easy part because legalization would ALSO entail consideration of at least the following issues: production, product, packaging, vendor and outlet controls, marketing controls, creation of a system of regulators and inspectors as well as on-going research and monitoring.

    For this blog post, I want to focus on production and product controls. Future blogs may consider the other items on the already long list noted above. My comments are phrased as questions to stimulate discussion of regulation rather than to propose firm rules for how a legal recreational cannabis market might operate.

    IMG_2567In Canada, marijuana is currently produced in one of two ways – under existing legal medical marijuana guidelines or in illegal circumstances. Growing marijuana takes places in a vast array of situations ranging from a few plants grown for personal use all the way to large-scale industrial size operations with 100’s of plants.

    Thus regulating the growth of marijuana for a legal recreational market will not be simple. Many people are very attached to their small-scale gardens and it would be difficult to impossible (as well as undesirable) to eliminate growing marijuana for personal use. At the same time it’s important not to turn the whole thing over to heavily capitalized large scale commercial producers whose main motivation is profit, especially since the range of available strains of marijuana has been the result of innovation by many small-scale growers. Thus, we need to ensure that the best practices in indoor, outdoor, personal, commercial production are preserved while ensuring that cannabis is produced in safe and clean facilities. We will also need to decide who is the appropriate authority for regulating growing operations: municipalities or provinces or some combination of both. Neither seem overly keen on this role so they will require some convincing.

    Okay, if your head doesn’t hurt yet lets turn our attention to product controls. Product controls include issues like price, age limits, potency, permissible preparations (edibles, tinctures, etc.), quality control, and labeling and packaging requirements. Price is a key issue when it comes to meeting public health goals. Price can help shape sales and thus use of cannabis, so we want to ensure that pricing reflects what we’ve learned from alcohol – namely that alcohol consumption is sensitive to price and that price must in some way be related to potency. Related to price is taxation – at what point in the chain from seed to sale will cannabis be taxed and at what rate? And what preparations will cannabis regulations allow; plant materials, tinctures and oils, edibles? Right now Canada’s medical marijuana access program only allows for the distribution of plant material. Clearly this is a very limited approach given that the medical cannabis dispensaries have created a range of edible and other products that eliminate the necessity of smoking cannabis. We will also need to decide where we stand on potency: in other words will we put limits on how potent products can be, and given that there are over 100 cannabinoids, how will we decide which ones we want to measure and regulate.

    Okay so I haven’t covered other essential issues like vendor controls, marketing and evaluation and monitoring but I think you get the picture. Regulation is by no means a simple matter, but it can be done. In fact, experience from legal recreational markets in Washington and Colorado will provide valuable insights that can inform Canada’s approach. And regulation has the potential to create conditions where cannabis production and use is a whole lot safer than the current approach – prohibition.

     

  • Did You Know that Marijuana is Illegal in Canada?

    Did You Know that Marijuana is Illegal in Canada?

    The idea that marijuana is legal in this country is one of the persistent myths about this substance. In fact, marijuana is still illegal and is listed in Schedule 2 of the federal Controlled Drugs and Substances Act. This means that unless you have authorization to use medical marijuana, you cannot possess, sell or produce marijuana without risking a criminal penalty.  In fact, under 2012 revisions to the law, you could receive a mandatory minimum prison sentence for growing just six plants if any of a number of “aggravating factors” are present (such as being near a school or having children at the same place as the plants).

    Another persistent myth is that police don’t bother to enforce cannabis laws especially possession. It’s true that some police forces have de-prioritized enforcement of possession, but certainly not all.

    According to Statistics Canada, in 2012, there were 57,429 police reported incidents of cannabis possession. This number represents police resources that could be better spent elsewhere and this number also represents a ridiculous incursion on the civil liberties of far too many Canadians.

    Prohibition of cannabis seems even more regressive when we consider that legal recreational marijuana will soon be available in the U.S. states of Colorado and Washington. In the aftermath of successful 2012 ballot initiative campaigns, both states have released draft regulations to govern the production and sale of recreational cannabis. Changes in these U.S. states were a hot topic at the recent International Drug Policy Reform conference in Denver where speakers from Colorado and Washington outlined the rules for “tightly controlled” markets for recreational cannabis.

    Both models of regulation draw on experience with regulating alcohol, although regulations for recreational cannabis will be far more stringent. Both states require numerous controls including age limits, packaging information, and closely controlled documenting of wholesale and retail sales of cannabis to recreational users. Some of the proceeds of taxation will be directed to public health and educational goals.

    In Colorado the legalization of cannabis builds on a successful model of medical cannabis developed in that state over a number of years. In fact, during the three-day conference I had an opportunity to visit two medical cannabis dispensaries and an industrial size cannabis garden. Good Medicine and River Rock Medical Cannabis are just two of the companies in Denver that offer patients an array of medical cannabis products ranging from raw plant materials, to oils, and edibles in a myriad of forms. Lessons learned from these operations will be transferred to recreational cannabis when it becomes available for sale on January 1, 2014.

    What’s remarkable about the changes taking place in these two states is that they employ full legal regulation, not the models of decriminalization already in operation in other parts of the world. Decriminalization involves reducing or eliminating penalties for possession while still keeping production and sales illegal. Though an important step in the right direction, decriminalization still leaves cannabis in an unregulated market of producers and sellers.

    It was clear from visiting the two medical cannabis dispensaries that legalization makes this substance available in a variety of well-labeled forms and gives consumers the option to choose organic products. Security cameras that feed back to state regulators in real-time, monitor the dispensaries and the gardens. The people working in these operations are clearly knowledgeable and professional in the care they take with their products and their customers. Not only does this model work for consumers, but it also provides badly needed jobs.

    The scientific evidence suggests that cannabis has a smaller public health impact than alcohol. It seems that the real crime is staying a course that actually makes us less safe and less healthy because right now, marijuana is only available in Canada in an unregulated market. So what’s holding us back in this country? Maybe it’s that drugs are still politically expedient and some politicians don’t seem to have any qualms about using fears about drugs to get votes. At the Canadian Drug Policy Coalition we think it’s time for change and it’s time to challenge regressive and uninformed policies on cannabis. What do you think?

     

  • Lifesaving Heroin Assisted Treatment Dealt Serious Blow

    Lifesaving Heroin Assisted Treatment Dealt Serious Blow

    By Connie Carter and Susan Boyd

    On October 3, 2013, federal Health Minister Rona Ambrose announced new regulations that became effective immediately to prevent Health Canada’s Special Access Programme from approving the use of prescribed diacetylmorphine* as a treatment for addiction for a small number of patients finishing the clinical trial SALOME, in Vancouver, BC. Health Canada’s Special Access Programme (SAP) allows practitioners to request access to drugs that are unavailable for sale in Canada.

    Ambrose’s comments at the October 3rd press conference misrepresented the extensive evidence supporting heroin-assisted treatment (HAT). She claimed HAT is unsafe and expensive and not in keeping with her government’s National Anti-Drug Strategy.  Her comments reflected the Harper government’s refusal to acknowledge the eight peer-reviewed research HAT trials worldwide that have found it to be a beneficial, safe, and cost-effective approach for patients where methadone and other conventional treatments have not worked.

    Ambrose promoted the virtues of abstinence-based drug treatment failing to mention that Canada’s system of treatment programs is a patchwork of private and public providers. As the CDPC’s report on Canadian drug policy found, private treatment programs are expensive, and in the absence of national accreditation standards, these programs can vary in quality. Abstinence based treatment is also ineffective for many people with long-wait times for publicly-funded services.

    Ambrose’s press conference included supporters who were called upon to back the federal government’s position. One speaker, Marshall Smith, a former political staffer with the BC Liberal Government, described his own struggles with drugs including crystal meth, and his recovery through abstinence-based treatment. Smith currently works for Cedars at Cobble Hill, a privately run drug treatment facility on Vancouver Island. Smith comes from a self-admitted well-to-do family, who can afford private treatment facilities that can cost upwards of $10,000 a month. Every person’s story of recovery and change is important, but with all due respect to Mr. Smith, it’s vital that no one person’s story stand in for the range of experiences with substance use.

    Comments at the press conference reflected a narrow view of recovery from substance dependency and assumed that all people will benefit from conventional drug treatment approaches. In a turn about from previous calls for abstinence-only drug treatment, speakers’ called for expanded opiate-substitution programs like methadone. But HAT is only offered to patients who have failed repeatedly with methadone and abstinence-based programs.

    Ambrose called Health Canada’s recent decision to approve the use of diacetylmorphine for 20 patients a “loophole” in the Special Access Program regulations. But the Special Access Program is supposed to provide patients with serious or life-threatening conditions, access to drugs on a compassionate or emergency basis and especially when conventional therapies have failed. Under these conditions, many of the seriously ill patients who enter HAT would certainly qualify for access.

    No one knows better the concerns of patients in these research trials than SNAP, an independent Vancouver based group comprised of former and current members of Vancouver based HAT research trials (former NPA). SNAP advocates for human rights and access to appropriate health care for its members and has been working since January 2011 to establish permanent HAT programs. SNAP members also have first hand experience with the use of diacetylmorphine. Their experiences confirm the findings of other research studies that this drug is a proven safe and effective treatment for opiate dependency. Patients’ physical and psychological health improved, accompanied by decreased criminal activity and illegal drug use. Given the positive results from studies around the world and here in Canada, the federal government’s refusal to recognize the best treatment for this small groups of patients is an egregious violation of their rights to access to health care.

    * Diacetylmorphine is the active ingredient in heroin. It is pharmaceutical-grade product manufactured by a company outside Canada. For the purposes of research trials, it is purchased and imported with permission of the Government of Canada.