{"id":22207,"date":"2026-01-21T19:00:29","date_gmt":"2026-01-22T03:00:29","guid":{"rendered":"https:\/\/drugpolicy.ca\/histoire-de-la-politique-des-drogues-au-canada\/"},"modified":"2026-02-06T10:31:00","modified_gmt":"2026-02-06T18:31:00","slug":"histoire-de-la-politique-des-drogues-au-canada","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/drugpolicy.ca\/fr\/ressources\/guides-et-apprentissage\/histoire-de-la-politique-des-drogues-au-canada\/","title":{"rendered":"Histoire de la politique des drogues au Canada"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-794e3cfa wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:60%\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici un bref historique de la politique canadienne en mati\u00e8re de drogues, r\u00e9sum\u00e9 \u00e0 partir de <em>Busted : An Illustrated History of Drug Prohibition in Canada<\/em>. L&#8217;ouvrage original a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par le Dr Susan Boyd, membre de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, et est r\u00e9sum\u00e9 ici avec son autorisation. Pour un compte rendu complet, d\u00e9taill\u00e9 et illustr\u00e9 de la mani\u00e8re dont les lois punitives sur les drogues, fond\u00e9es sur la prohibition, ont pris racine au Canada et ont fa\u00e7onn\u00e9 l&#8217;opinion de la soci\u00e9t\u00e9 sur l&#8217;usage des drogues, nous vous encourageons \u00e0 acheter <em><a href=\"https:\/\/fernwoodpublishing.ca\/book\/busted\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Busted<\/a><\/em>.  <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40%\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<figure style=\"aspect-ratio:21\/9; margin-top:var(--wp--preset--spacing--50);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);\" class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1707\" src=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-scaled.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"La foule s&#039;est rassembl\u00e9e dans le quartier Downtown Eastside\" style=\"width:100%;height:100%;object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-scaled.jpg 2560w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-300x200.jpg 300w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-768x512.jpg 768w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/1-IMG_3628-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/figure>\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--50);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--50)\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Conna\u00eetre la prohibition des drogues au Canada nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re critique aux pratiques pass\u00e9es, \u00e0 la r\u00e9glementation l\u00e9gale, \u00e0 l&#8217;application de la loi, aux r\u00e9formateurs moraux et \u00e0 leurs programmes, aux nouveaux \u00e9v\u00e9nements et aux voies \u00e0 adopter.&#8221;<\/p>\n<cite>Susan Boyd<br>Busted<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Prohibition de l&#8217;alcool<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir des ann\u00e9es 1500, les commer\u00e7ants de fourrures, les missionnaires et les colonisateurs europ\u00e9ens de Grande-Bretagne et de France ont introduit l&#8217;alcool dans les communaut\u00e9s indig\u00e8nes lorsqu&#8217;ils ont colonis\u00e9 les terres que nous appelons aujourd&#8217;hui le Canada. L&#8217;alcool \u00e9tait \u00e9chang\u00e9 dans les postes de traite contre des articles de valeur tels que les fourrures, et son introduction a eu des effets d\u00e9vastateurs sur les communaut\u00e9s indig\u00e8nes. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, l&#8217;alcool \u00e9tait la drogue de pr\u00e9dilection des Europ\u00e9ens, mais certains r\u00e9formateurs moraux s&#8217;opposaient de plus en plus \u00e0 sa consommation, qu&#8217;ils consid\u00e9raient comme une force corruptrice. Dans les ann\u00e9es 1800 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900, le mouvement de temp\u00e9rance a pris de l&#8217;ampleur au Canada. Les r\u00e9formateurs moraux blancs cherchent \u00e9galement \u00e0 convertir les communaut\u00e9s indig\u00e8nes au christianisme ; cet objectif, ainsi que la prohibition de l&#8217;alcool, deviennent donc leur priorit\u00e9.    <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;La conversion des peuples indig\u00e8nes aux religions, \u00e0 la morale et aux valeurs chr\u00e9tiennes occidentales, y compris la sobri\u00e9t\u00e9, est devenue l&#8217;un des objectifs des r\u00e9formateurs de la temp\u00e9rance.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les d\u00e9buts de l&#8217;histoire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vision moraliste actuelle et dominante des drogues est venue des c\u00f4tes europ\u00e9ennes lorsque les colons britanniques sont arriv\u00e9s au Canada pour finalement coloniser les terres indig\u00e8nes. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la prohibition, fond\u00e9e sur l&#8217;id\u00e9e que les drogues sont intrins\u00e8quement mauvaises et constituent une force immorale et corruptrice, est issue de l&#8217;\u00e9thique chr\u00e9tienne protestante des ann\u00e9es 1700, qui utilisait la prohibition comme moyen de contr\u00f4le social sur les nations et les communaut\u00e9s racialis\u00e9es. Ces communaut\u00e9s \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme &#8220;autres&#8221; et comme une menace pour la supr\u00e9matie europ\u00e9enne blanche.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les ann\u00e9es 1700 et 1800, les substances psychoactives \u00e9taient l\u00e9gales au Canada et nombre d&#8217;entre elles \u00e9taient consomm\u00e9es \u00e0 des fins m\u00e9dicales. En Inde, en Chine et au Moyen-Orient, les populations consommaient de l&#8217;opium pour soulager la douleur, tout comme les Europ\u00e9ens. L&#8217;opium a \u00e9t\u00e9 introduit en Am\u00e9rique du Nord par les colons europ\u00e9ens et vendu comme m\u00e9dicament &#8211; l\u00e9gal, pris par voie orale ou dans des th\u00e9s et des \u00e9lixirs. La coca (dont la coca\u00efne est d\u00e9riv\u00e9e) a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e en Am\u00e9rique du Sud pendant des milliers d&#8217;ann\u00e9es et a \u00e9t\u00e9 introduite en Europe et au Canada apr\u00e8s la colonisation de l&#8217;Am\u00e9rique du Sud. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, des produits comme le vin et les pastilles contre la toux contenant ce stimulant sont devenus courants. Les personnes souffrant de diverses affections, dont la d\u00e9pression et l&#8217;insomnie, ont \u00e9galement consomm\u00e9 du cannabis pour se soulager.     <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;La prohibition des drogues a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la colonisation.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les opinions ont \u00e9volu\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 au cours des ann\u00e9es 1800 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900 en raison de l&#8217;influence du protestantisme, qui mettait l&#8217;accent sur la puret\u00e9 morale et la sobri\u00e9t\u00e9, du malaise croissant de la communaut\u00e9 m\u00e9dicale face \u00e0 la m\u00e9decine non r\u00e9glement\u00e9e et du discours colonial qui consid\u00e9rait la consommation de certaines drogues comme une contagion apport\u00e9e \u00e0 l&#8217;Ouest par des \u00e9trangers racialis\u00e9s, et donc comme une menace pour la moralit\u00e9 de la classe moyenne blanche.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les guerres de l&#8217;opium<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Grande-Bretagne et la Chine se sont livr\u00e9es \u00e0 deux guerres de l&#8217;opium qui se sont termin\u00e9es par une victoire britannique garantissant leur activit\u00e9 commerciale dans le domaine du pavot \u00e0 opium. La premi\u00e8re s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e en 1839 et la seconde, au cours de laquelle la France s&#8217;est battue aux c\u00f4t\u00e9s de la Grande-Bretagne, s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e en 1856. Les Britanniques ont grandement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&#8217;activit\u00e9 commerciale qui consistait \u00e0 exporter l&#8217;opium de l&#8217;Inde vers la Chine en \u00e9change de b\u00e9n\u00e9fices leur permettant d&#8217;acheter des produits de luxe comme la porcelaine et la soie, qui \u00e9taient tr\u00e8s demand\u00e9s en Occident. Lorsque la Chine a tent\u00e9 de mettre fin \u00e0 ce commerce, des hostilit\u00e9s ont \u00e9clat\u00e9 et la guerre a \u00e9clat\u00e9. Le conflit a permis aux missionnaires chr\u00e9tiens d&#8217;Am\u00e9rique du Nord d&#8217;avancer leur discours sur les m\u00e9faits de la consommation d&#8217;opium, en particulier par les \u00e9trangers, puisqu&#8217;ils \u00e9taient d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9s comme des combattants ennemis.    <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le point de vue des missionnaires protestants sur la consommation d&#8217;opium dans les pays colonis\u00e9s \u00e9tait une forme d&#8217;imp\u00e9rialisme culturel, car ils ne voyaient pas en quoi cette consommation n&#8217;\u00e9tait pas probl\u00e9matique, en particulier en Inde.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S&#8217;appuyant sur le sentiment anti-chinois, les r\u00e9formateurs moraux chr\u00e9tiens ont r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9senter la consommation d&#8217;opium comme intrins\u00e8quement &#8220;\u00e9trang\u00e8re&#8221; et dangereuse &#8211; li\u00e9e aux Chinois &#8211; et comme une menace pour la soci\u00e9t\u00e9 blanche, morale et chr\u00e9tienne, alors que le libre-\u00e9change de l&#8217;opium en Grande-Bretagne \u00e9tait largement ignor\u00e9. Ce cadrage et cette \u00e9volution de l&#8217;opinion publique ont jet\u00e9 les bases des lois et des politiques qui allaient prendre forme au cours des d\u00e9cennies suivantes, des lois et des politiques qui ont ciment\u00e9 la prohibition en tant que politique et engendr\u00e9 les dommages sanitaires et sociaux que nous constatons aujourd&#8217;hui. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ann\u00e9es 1880 &#8211; Ann\u00e9es 1920 : Les d\u00e9buts de la lutte contre les stup\u00e9fiants<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vancouver a \u00e9t\u00e9 le berceau de la prohibition au Canada, motiv\u00e9e en grande partie par le racisme anti-chinois et la perception d&#8217;une menace pour la puret\u00e9 de la classe moyenne blanche. Dans les ann\u00e9es 1880, des Chinois sont arriv\u00e9s au Canada pour travailler sur le chemin de fer du Canadien Pacifique et, une fois le chemin de fer termin\u00e9, nombre d&#8217;entre eux se sont install\u00e9s \u00e0 Vancouver. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, le racisme anti-indig\u00e8ne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pandu dans la ville, en raison du colonialisme et des dispositions de la <em>loi sur les Indiens<\/em>, qui interdisait notamment la vente d&#8217;alcool aux personnes \u00e9tiquet\u00e9es comme Indiens inscrits.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-accent-1-color has-text-color has-link-color wp-elements-8d489218015cff8d6c18655edc5adf44 wp-block-paragraph\"><em>Ajoutez un formulaire d&#8217;inscription \u00e0 la lettre d&#8217;information ici<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Chinois \u00e9taient contraints de payer une taxe d&#8217;entr\u00e9e et il leur \u00e9tait interdit de poss\u00e9der une maison ou une entreprise en dehors de la zone actuellement connue sous le nom de &#8220;Chinatown&#8221;, dans l&#8217;est de Vancouver. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, certains Chinois fumaient de l&#8217;opium pour soulager la douleur et se d\u00e9tendre. Les r\u00e9formateurs moraux et les m\u00e9dias associent la consommation d&#8217;opium aux hommes racis\u00e9s qui corrompent les chr\u00e9tiens blancs. Ce racisme est exacerb\u00e9 par une r\u00e9cession \u00e9conomique o\u00f9, nourris par la crainte du ch\u00f4mage, les ouvriers blancs consid\u00e8rent les Japonais et les Chinois comme une menace pour leur emploi.   <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les \u00e9meutes raciales de 1907 &#8211; L&#8217;\u00e9tincelle qui a d\u00e9clench\u00e9 la prohibition des drogues<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 7 septembre 1907, furieux de voir leur s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi menac\u00e9e, quelque 9 000 personnes, dont des dirigeants syndicaux et des politiciens, se rendent \u00e0 l&#8217;h\u00f4tel de ville de Vancouver pour protester. Un groupe d&#8217;hommes blancs se s\u00e9pare et se dirige vers le quartier chinois. Ils ont vandalis\u00e9 et d\u00e9truit des entreprises g\u00e9r\u00e9es par des Chinois et des Japonais, tout en provoquant des actes de violence et de d\u00e9sordre. &#8220;Les m\u00e9dias ont \u00e9galement contribu\u00e9 aux attitudes anti-asiatiques en exigeant que la Colombie-Britannique reste une province blanche, en pr\u00e9sentant les Chinois comme des \u00e9trangers inf\u00e9rieurs, en appelant \u00e0 la d\u00e9portation et en insistant pour que l&#8217;immigration cesse. (Boyd, 39)   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'&#8221;\u00e9meute raciale&#8221; de 1907 attire l&#8217;attention des m\u00e9dias internationaux. Le Premier ministre Wilfred Laurier envoie alors son vice-ministre du Travail, Mackenzie King, \u00e0 Vancouver pour enqu\u00eater. Avec la pr\u00e9sence d&#8217;un repr\u00e9sentant du gouvernement aussi en vue, les r\u00e9formateurs anti-opium (qui ont des liens \u00e9troits avec les missionnaires protestants) saisissent l&#8217;occasion de gagner l&#8217;oreille d&#8217;Ottawa. Ils demandent \u00e0 rencontrer King dans l&#8217;espoir de le persuader et d&#8217;influencer la politique du gouvernement.   <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;La prohibition des drogues est une exp\u00e9rience de plusieurs milliards de dollars qui a totalement \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Chinese Anti-Opium League consid\u00e8re l&#8217;opium comme un fl\u00e9au social ruinant le tissu social. Elle obtient une audience avec King et, \u00e0 l&#8217;issue de leur rencontre, ce dernier cherche \u00e0 supprimer le mal per\u00e7u que constitue le fait de fumer de l&#8217;opium au Canada. S&#8217;adressant ensuite aux m\u00e9dias, King d\u00e9clare qu'&#8221;il devrait \u00eatre impossible de fabriquer cette drogue dans n&#8217;importe quelle partie du Dominion [&#8230;] cette \u00e9meute aura encore du bon&#8221;. (Boyd 41) Ainsi, les rouages de la criminalisation officielle de la consommation de substances psychoactives au Canada \u00e9taient en marche.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignfull has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"margin-top:0;margin-bottom:0;padding-top:var(--wp--preset--spacing--60);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--70)\">\n<div class=\"wp-block-columns alignwide are-vertically-aligned-center is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-633b684a wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-content-justification-right is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-09e92597 wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"margin-top:0;margin-bottom:0;padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-plain has-x-large-font-size is-layout-flow wp-container-core-quote-is-layout-a54b8880 wp-block-quote-is-layout-flow is-style-plain--1\" style=\"font-style:normal;font-weight:400;letter-spacing:-0.02em\">\n<p class=\"has-text-align-left has-contrast-color has-text-color has-link-color has-x-large-font-size wp-elements-163f254cbff8d9ad886f259946e80059 wp-block-paragraph\">&#8220;Les Chinois avec lesquels j&#8217;ai convers\u00e9 sur ce sujet m&#8217;ont assur\u00e9 qu&#8217;il se vendait presque autant d&#8217;opium aux Blancs qu&#8217;aux Chinois, et que l&#8217;habitude de fumer de l&#8217;opium progressait, non seulement parmi les hommes et les gar\u00e7ons blancs, mais aussi parmi les femmes et les jeunes filles&#8230; \u00catre indiff\u00e9rent \u00e0 la croissance d&#8217;un tel mal au Canada serait incompatible avec les principes de moralit\u00e9 qui devraient r\u00e9gir la conduite d&#8217;une nation chr\u00e9tienne.&#8221;<\/p>\n<cite>Mackenzie King <br><sub>1er juillet 1908<\/sub><\/cite><\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-content-justification-left is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-07acd1df wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Mackenzie-King-1024x683.jpg\" alt=\"Photo en noir et blanc de Mackenzie King\" class=\"wp-image-13962\" style=\"aspect-ratio:1;object-fit:cover\" srcset=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Mackenzie-King-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Mackenzie-King-300x200.jpg 300w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Mackenzie-King-768x512.jpg 768w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Mackenzie-King.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La loi sur l&#8217;opium de 1908<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sensibilis\u00e9 par ses rencontres avec des r\u00e9formateurs anti-opium, King devient l&#8217;un des premiers \u00e9vang\u00e9listes de la prohibition au sein du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Il pr\u00e9sente un rapport appelant \u00e0 la suppression de l&#8217;opium. Sans aucune preuve ni d\u00e9bat au Parlement, la <em>loi sur l&#8217;opium <\/em>de 1908 est adopt\u00e9e et promulgu\u00e9e, mettant ainsi le Canada sur la voie dangereuse de la prohibition qui causera plus de mal que de bien, notamment par le profilage policier, des peines d&#8217;emprisonnement s\u00e9v\u00e8res et un march\u00e9 ill\u00e9gal de la drogue non r\u00e9glement\u00e9. Tous ces pr\u00e9judices ont touch\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les Canadiens noirs, bruns et autochtones, un h\u00e9ritage qui perdure encore aujourd&#8217;hui.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <em>loi<\/em> punit ceux qui importent, fabriquent ou vendent de l&#8217;opium \u00e0 des fins non m\u00e9dicales, et les sanctions p\u00e9nales et p\u00e9cuniaires sont exorbitantes et disproportionn\u00e9es. La <em>loi sur l&#8217;opium<\/em> est une loi qui vise les hommes canadiens d&#8217;origine chinoise et qui est fond\u00e9e sur le racisme anti-chinois. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1911, le Parlement a adopt\u00e9 la <em>loi sur l&#8217;opium et les drogues<\/em>, qui a ajout\u00e9 d&#8217;autres drogues \u00e0 la liste des substances interdites, notamment la coca\u00efne et la morphine. Les pouvoirs de la police en mati\u00e8re de r\u00e9pression ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tendus et les forces de l&#8217;ordre ont commenc\u00e9 \u00e0 cibler plus vigoureusement les Chinois. Les condamnations li\u00e9es \u00e0 la drogue ont commenc\u00e9 \u00e0 augmenter.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pression en faveur de la prohibition s&#8217;\u00e9tend \u00e0 l&#8217;ensemble du Canada. \u00c0 Montr\u00e9al, la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;aide \u00e0 l&#8217;enfance, soutenue par des politiciens, des chefs religieux, la police et le Montreal Women&#8217;s Club, lance une campagne contre la coca\u00efne. Les m\u00e9dias adoptent l&#8217;\u00e9tat d&#8217;esprit prohibitionniste et publient des articles \u00e0 sensation qui diabolisent la consommation de substances et vilipendent ceux qui en consomment. Mackenzie King s&#8217;en sert \u00e0 la Chambre des communes pour renforcer la politique prohibitionniste en mati\u00e8re de drogues, ce qui aura des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses \u00e0 long terme pour le Canada.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l&#8217;Am\u00e9rique du Nord est devenue encore plus m\u00e9fiante \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de &#8220;l&#8217;autre&#8221; \u00e9tranger. Les Canadiens consid\u00e8rent les \u00e9trangers, en particulier ceux d&#8217;origine chinoise, comme des ennemis. Tout cela a renforc\u00e9 le d\u00e9sir de criminaliser davantage la consommation de substances en renfor\u00e7ant les lois qui la r\u00e9gissent.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <em>loi sur l&#8217;opium et les stup\u00e9fiants<\/em> est adopt\u00e9e en 1920. Un an plus tard, Mackenzie King &#8211; le p\u00e8re de la prohibition &#8211; devient Premier ministre et la r\u00e9glementation canadienne en mati\u00e8re de drogues commence \u00e0 se centraliser et \u00e0 se renforcer sous l&#8217;\u00e9gide de la Division des stup\u00e9fiants, un d\u00e9partement nouvellement cr\u00e9\u00e9 au sein du gouvernement. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) se charge de faire appliquer les lois punitives sur les drogues, qui sont li\u00e9es \u00e0 un syst\u00e8me s&#8217;opposant aux programmes d&#8217;entretien des drogues en faveur de l&#8217;abstinence et de l&#8217;emprisonnement.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Au fil des ann\u00e9es 1920, les lois canadiennes sur les stup\u00e9fiants sont devenues plus s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les ann\u00e9es 1920 : Emily Murphy et la propagande antidrogue<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;histoire de la prohibition des drogues au Canada est jalonn\u00e9e de personnalit\u00e9s qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l&#8217;\u00e9laboration de politiques qui continuent de nuire aux communaut\u00e9s (en particulier racialis\u00e9es) jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui. Emily Murphy est l&#8217;une de ces personnalit\u00e9s. Magistrate et ardente r\u00e9formatrice morale, elle a publi\u00e9 dans le <em>magazine Maclean&#8217;s<\/em> une s\u00e9rie d&#8217;articles qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s dans un livre, <em>The Black Candle<\/em> (1922). Ses \u00e9crits d\u00e9crivent la consommation de substances comme une force d\u00e9stabilisante et corruptrice au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civilis\u00e9e et pr\u00e9sentent les &#8220;autres racialis\u00e9s&#8221; comme une menace pour la nation blanche. Murphy rend l&#8217;opium responsable de la criminalit\u00e9 et de l&#8217;immoralit\u00e9 sexuelle des femmes, affirmant m\u00eame que &#8220;les femmes blanches proches des hommes racialis\u00e9s conduiraient \u00e0 leur chute in\u00e9vitable et menaceraient la nation blanche chr\u00e9tienne&#8221; (Boyd 53). (Boyd 53) Murphy a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le dans la prohibition de la marijuana.    <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les clubs Rotary et Kiwanis locaux, les associations de protection de l&#8217;enfance et la police ont lanc\u00e9 simultan\u00e9ment des campagnes de sensibilisation \u00e0 la lutte contre la drogue. D&#8217;autres campagnes m\u00e9diatiques ont propos\u00e9 des solutions \u00e0 la &#8220;menace chinoise&#8221;, notamment l&#8217;abolition des quartiers chinois, l&#8217;expulsion des Canadiens d&#8217;origine chinoise et des lois plus s\u00e9v\u00e8res sur les drogues. Les m\u00e9dias grand public ont aliment\u00e9 le racisme anti-chinois en d\u00e9crivant des fumeries d&#8217;opium &#8220;immondes&#8221; et en pr\u00e9sentant les Chinois comme une force corruptrice.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Les drogues criminalis\u00e9es ont longtemps \u00e9t\u00e9 li\u00e9es \u00e0 des groupes marginalis\u00e9s et racialis\u00e9s, qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9peints comme des \u00e9trangers \u00e0 la nation mena\u00e7ant les Canadiens sur le plan moral.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La campagne m\u00e9diatique antidrogue et antichinoise a d\u00e9bouch\u00e9 sur la <em>loi d&#8217;exclusion des Chinois<\/em> (1923) qui, entre autres injustices, a intensifi\u00e9 la r\u00e9pression polici\u00e8re \u00e0 l&#8217;encontre de la communaut\u00e9 chinoise et de sa consommation de substances psychoactives. En 1922, le gouvernement renforce la <em>loi sur l&#8217;opium et les stup\u00e9fiants<\/em> et, l&#8217;ann\u00e9e suivante, la marijuana est ajout\u00e9e \u00e0 la liste des drogues interdites. La prohibition gagne du terrain. De lourdes peines d&#8217;emprisonnement sont prononc\u00e9es pour la plupart des d\u00e9lits li\u00e9s \u00e0 la drogue et, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920, la Narcotic Division intensifie sa surveillance des pharmacies et des consommateurs de drogues. Cette tendance s&#8217;est poursuivie au cours de la d\u00e9cennie suivante. En 1938, 11 groupes de drogues diff\u00e9rents sont criminalis\u00e9s.     <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/fernwoodpublishing.ca\/book\/busted\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"291\" src=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-1024x291.jpg\" alt=\"Banni&#xE8;re graphique du livre Busted de Susan Boyd\" class=\"wp-image-14053\" srcset=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-1024x291.jpg 1024w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-300x85.jpg 300w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-768x218.jpg 768w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-1536x437.jpg 1536w, https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-2048x582.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ann\u00e9es 1940 &#8211; 1950 : Le toxicomane criminel et les psych\u00e9d\u00e9liques<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les ann\u00e9es 1940, l&#8217;association entre la toxicomanie et la criminalit\u00e9 s&#8217;est renforc\u00e9e et les pr\u00e9occupations autour du &#8220;toxicomane criminel&#8221; se sont intensifi\u00e9es. Cette \u00e9tiquette justifiait une approche punitive de la justice p\u00e9nale comme r\u00e9ponse aux personnes qui consommaient des drogues, au lieu d&#8217;interventions de sant\u00e9 publique fond\u00e9es sur des preuves. \u00c0 cette \u00e9poque, 75 % des condamnations pour toxicomanie \u00e9taient prononc\u00e9es pour possession de drogue et pr\u00e8s des trois quarts d&#8217;entre elles aboutissaient \u00e0 une peine d&#8217;emprisonnement. Nombreux \u00e9taient ceux qui consid\u00e9raient les consommateurs de drogues comme intrins\u00e8quement dangereux et comme un risque pour la soci\u00e9t\u00e9. Cette caract\u00e9risation erron\u00e9e perdure aujourd&#8217;hui et contribue \u00e0 la stigmatisation structurelle et soci\u00e9tale qui alimente les d\u00e9c\u00e8s par overdose.    <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, avec la fermeture de nombreuses fumeries d&#8217;opium et l&#8217;expulsion des r\u00e9sidents chinois, la consommation de drogues au Canada est pass\u00e9e de l&#8217;opium fum\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne et \u00e0 la morphine inject\u00e9es. Les psychiatres jouent un r\u00f4le plus actif dans le traitement de la toxicomanie &#8211; en particulier de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne &#8211; et les consommateurs de drogues sont consid\u00e9r\u00e9s comme des personnes pathologiques et non plus comme des criminels. L&#8217;application de la loi restait la r\u00e9ponse par d\u00e9faut \u00e0 la consommation de substances, et la police avait des pr\u00e9jug\u00e9s extr\u00eamement marqu\u00e9s, \u00e9tablissant des profils et ciblant les &#8220;toxicomanes criminels&#8221; visibles.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1948, l&#8217;Office national du film (ONF) produit <em>Drug Addict<\/em>, un documentaire sur la consommation de substances psychoactives con\u00e7u comme un outil p\u00e9dagogique pour la police et les professionnels de la sant\u00e9. Le film perp\u00e9tue le st\u00e9r\u00e9otype selon lequel les drogues sont introduites au Canada par &#8220;l&#8217;autre&#8221; \u00e9tranger et racialis\u00e9, et renforce la criminalit\u00e9 des consommateurs de drogues en les pr\u00e9sentant comme des individus \u00e0 craindre. Le documentaire &#8211; produit avec la participation de la GRC &#8211; et une autre production de l&#8217;ONF, <em>Monkey on the Back<\/em> (1956), ont renforc\u00e9 le mythe selon lequel la seule r\u00e9ponse appropri\u00e9e \u00e0 la consommation de drogues \u00e9tait l&#8217;application de la loi.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette \u00e9poque, l&#8217;h\u00e9ro\u00efne l\u00e9gale, bien que rarement prescrite, \u00e9tait encore disponible sur ordonnance ; mais en 1955, le Canada a cess\u00e9 de d\u00e9livrer des permis d&#8217;importation \u00e0 la suite des recommandations de l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Earnest Winch et le rapport Ranta : Une perspective de sant\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Earnest Winch \u00e9tait membre de l&#8217;assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la Colombie-Britannique et l&#8217;un des premiers et ardents d\u00e9fenseurs d&#8217;un paradigme de sant\u00e9 publique pour la consommation de substances psychoactives. En 1955, il a plaid\u00e9 devant le gouvernement pour la mise en place de &#8220;cliniques m\u00e9dicales l\u00e9galis\u00e9es pour le traitement des toxicomanes chroniques certifi\u00e9s, afin de leur administrer la quantit\u00e9 minimale qui leur permettra de conserver leurs moyens de subsistance et de ne pas avoir \u00e0 recourir aux sources d&#8217;approvisionnement en drogue du monde souterrain&#8221; (Boyd 72). (Boyd 72) Winch a \u00e9galement mis en \u00e9vidence les pr\u00e9jug\u00e9s de classe qui se manifestent dans l&#8217;application des lois sur les drogues, en notant que ce sont les pauvres et les travailleurs qui subissent de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les cons\u00e9quences du syst\u00e8me de justice p\u00e9nale pour les infractions li\u00e9es \u00e0 la drogue. Les personnes ais\u00e9es pouvaient payer d&#8217;autres personnes pour obtenir de la drogue \u00e0 leur place et s&#8217;offrir des traitements co\u00fbteux hors de port\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1952, le Dr Lawrence Ranta et d&#8217;autres auteurs ont r\u00e9dig\u00e9 un rapport \u00e0 Vancouver dans lequel ils affirment que la consommation de drogues et la toxicomanie sont une question de sant\u00e9 plut\u00f4t qu&#8217;une question de justice p\u00e9nale. Contrairement \u00e0 l&#8217;opinion qui pr\u00e9valait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, le Dr Ranta recommandait dans son rapport d&#8217;offrir un traitement de la toxicomanie financ\u00e9 par l&#8217;\u00c9tat, y compris des cliniques de narcotiques qui distribueraient de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne l\u00e9gale aux personnes d\u00e9pendantes de cette drogue. En r\u00e9ponse aux conclusions du rapport &#8211; et parce que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral refusait de consid\u00e9rer la consommation de substances comme un probl\u00e8me de sant\u00e9 &#8211; la Narcotic Addiction Foundation of British Columbia (NAFBC) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par la province en 1955. C&#8217;est la premi\u00e8re organisation au Canada \u00e0 fournir de la m\u00e9thadone comme traitement dans le cadre d&#8217;un programme de sevrage de 12 jours. Malgr\u00e9 le travail de la NAFBC, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a continu\u00e9 \u00e0 criminaliser la consommation de substances et les personnes qui consomment des drogues.    <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Di\u00e9thylamide de l&#8217;acide lysergique (LSD)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le LSD a \u00e9t\u00e9 l\u00e9galis\u00e9 au Canada dans les ann\u00e9es 1950, et des chercheurs ont entrepris des travaux novateurs sur ses vertus th\u00e9rapeutiques. Au cours de cette d\u00e9cennie, l&#8217;h\u00f4pital psychiatrique de Weyburn (Saskatchewan Mental Hospital) s&#8217;est distingu\u00e9 en tant que centre de recherche novateur sur le LSD. Les chercheurs exp\u00e9rimentent la drogue pour le traitement de la schizophr\u00e9nie et de l&#8217;alcoolisme. En 1962, la Saskatchewan est devenue la premi\u00e8re province \u00e0 disposer d&#8217;un syst\u00e8me de sant\u00e9 publique et le Premier ministre Tommy Douglas, partisan des soins de sant\u00e9 publique et mentale, a offert des bourses de recherche pour attirer les m\u00e9decins engag\u00e9s dans des travaux novateurs. C&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque que notre compr\u00e9hension du LSD s&#8217;est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e.    <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Les drogues ne sont pas des entit\u00e9s au sens fig\u00e9 : l&#8217;id\u00e9e que nous nous en faisons d\u00e9pend de l&#8217;\u00e9poque dans laquelle nous vivons.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ann\u00e9es 1960 &#8211; 1970 : Le mouvement de la contre-culture<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Les ann\u00e9es 60 ont \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode de changement politique et social au Canada, et pas seulement une d\u00e9cennie de &#8220;sexe, de drogue et de rock and roll&#8221;. L&#8217;activisme s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 autour d&#8217;un mouvement de contre-culture qui s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 en partie en r\u00e9ponse au gouvernement conservateur de John Diefenbaker. Ce mouvement est plus ouvert \u00e0 d&#8217;autres points de vue sur le sexe, la race et la conscience rationnelle. La consommation de drogues ill\u00e9gales augmente, en particulier celle du cannabis, car la soci\u00e9t\u00e9 se rassemble autour d&#8217;un d\u00e9sir de changement politique et social qui remet en cause les conventions.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&#8217;est aussi l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 les lois sur les drogues sont parmi les plus s\u00e9v\u00e8res jamais adopt\u00e9es. La <em>loi sur le contr\u00f4le des stup\u00e9fiants (Narcotic Control Act)<\/em> est entr\u00e9e en vigueur en 1961. Elle l\u00e9galise la discrimination et les sanctions \u00e0 l&#8217;encontre des personnes qui consomment des drogues. La m\u00eame ann\u00e9e, le Canada a sign\u00e9 la <em>Convention unique sur les stup\u00e9fiants<\/em>, un accord international qui a affaibli le contr\u00f4le national sur la politique en mati\u00e8re de drogues. La <em>Convention unique<\/em> r\u00e9affirme et renforce l&#8217;approche de la justice p\u00e9nale en mati\u00e8re de consommation de substances.    <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le cannabis r\u00e9v\u00e8le un double standard raciste<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours de cette d\u00e9cennie, les \u00e9tudiants universitaires blancs et leur pr\u00e9f\u00e9rence pour le cannabis mettent en \u00e9vidence la fa\u00e7on dont le racisme a influenc\u00e9 la politique des drogues jusqu&#8217;\u00e0 ce jour. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1960, des \u00e9tudiants universitaires de tout le Canada ont demand\u00e9 la l\u00e9galisation du cannabis. Auparavant, les hommes racialis\u00e9s (principalement des Chinois et des Noirs) \u00e9taient la cible des politiques en mati\u00e8re de drogues, suivis par les consommateurs d&#8217;h\u00e9ro\u00efne blancs et pauvres de Montr\u00e9al, Toronto et Vancouver. Cependant, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les jeunes blancs de la classe moyenne sont devenus la cible des forces de l&#8217;ordre. En 1972, les arrestations pour possession de cannabis augmentent consid\u00e9rablement.    <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soucieux de leurs enfants, les parents de la classe moyenne blanche ont remis en question la criminalisation du cannabis et le profilage policier des consommateurs de cannabis. Les grands m\u00e9dias, tels que <em>Ch\u00e2telaine<\/em>, <em>Life<\/em> et <em>Time<\/em> <em>Magazine<\/em>, se sont ralli\u00e9s aux jeunes de la classe moyenne blanche en r\u00e9digeant des articles critiquant les lourdes peines de prison qui leur ont \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9es. Le contraste est saisissant avec la fa\u00e7on dont les m\u00e9dias pr\u00e9sentent les hommes chinois comme &#8220;l&#8217;autre&#8221; \u00e9tranger, vecteur d&#8217;immoralit\u00e9 et menace pour la coh\u00e9sion sociale.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>Georgia Straight<\/em> a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre publi\u00e9 en 1976. Le journal est devenu une voix ardente contre la prohibition du cannabis et les brutalit\u00e9s polici\u00e8res \u00e0 l&#8217;encontre des jeunes. Le r\u00e9dacteur en chef Dan McLeod a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et battu par la police, et la publication a \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9e plus souvent que toute autre au Canada en vertu des lois sur l&#8217;obsc\u00e9nit\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Smoke-In et le Street Jamboree de Gastown<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans tout le Canada, les festivals de musique sont devenus des espaces importants pour les jeunes impliqu\u00e9s dans le mouvement de la contre-culture, auquel le maire de Vancouver, Tom Campbell, s&#8217;est ardemment oppos\u00e9. De nombreux jeunes se rassemblent \u00e0 Gastown, o\u00f9 se tient le 7 ao\u00fbt 1971 une grande manifestation publique, le Gastown Smoke-In and Street Jamboree, organis\u00e9e en r\u00e9action aux brutalit\u00e9s polici\u00e8res contre les jeunes, aux arrestations li\u00e9es \u00e0 la marijuana et \u00e0 une op\u00e9ration d&#8217;infiltration connue sous le nom d&#8217;Operation Dustpan. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;L&#8217;op\u00e9ration Dustpan \u00e9tait assez simple : renforcer la pr\u00e9sence de la police dans les quartiers en difficult\u00e9 et ins\u00e9rer des unit\u00e9s d&#8217;infiltration pour arr\u00eater les toxicomanes. Dans la pratique, cependant, l&#8217;op\u00e9ration Dustpan s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e beaucoup plus perturbatrice et invasive que sur le papier. \u00c0 Gastown, les policiers ont boucl\u00e9 des p\u00e2t\u00e9s de maisons entiers, rassemblant tout le monde et les soumettant \u00e0 des fouilles. Ceux qui ressemblaient \u00e0 des hippies, avec leurs cheveux longs, leur barbe et leurs v\u00eatements diff\u00e9rents, \u00e9taient souvent arr\u00eat\u00e9s lorsqu&#8217;ils marchaient dans la rue, puis d\u00e9tenus et fouill\u00e9s. La police consid\u00e8re l&#8217;op\u00e9ration Dustpan comme un grand succ\u00e8s : dans les dix premiers jours, 59 arrestations ont eu lieu dans le seul quartier de Gastown&#8221;. (Mus\u00e9e de la police de Vancouver)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors de cet \u00e9v\u00e9nement public, de grandes foules se sont rassembl\u00e9es \u00e0 l&#8217;angle des rues Carroll et Water, et ont rapidement \u00e9t\u00e9 suivies par des policiers de Vancouver arm\u00e9s de chiens, de chevaux et de matraques. &#8220;Les policiers ont fonc\u00e9 sur la foule pacifique, brandissant leurs matraques, arr\u00eatant les gens et semant la pagaille&#8221; (Boyd 116). (Boyd 116) Une enqu\u00eate ult\u00e9rieure sur le chaos qui s&#8217;est produit a conclu que la police de Vancouver avait provoqu\u00e9 une \u00e9meute. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La Commission Le Dain<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1969, une commission d&#8217;enqu\u00eate du gouvernement canadien a commenc\u00e9 \u00e0 se pencher sur la consommation de drogues \u00e0 des fins non m\u00e9dicales. Les repr\u00e9sentants de la commission ont sollicit\u00e9 l&#8217;avis de diverses communaut\u00e9s \u00e0 travers le Canada sur la consommation de drogues, le traitement, les lois et les politiques en la mati\u00e8re. Dans ses conclusions, la commission a recommand\u00e9 de r\u00e9duire les sanctions p\u00e9nales \u00e0 l&#8217;encontre des personnes qui consomment des drogues, d&#8217;abroger le d\u00e9lit de possession de cannabis et de proposer un traitement m\u00e9dical aux personnes d\u00e9pendantes des opio\u00efdes plut\u00f4t qu&#8217;une sanction p\u00e9nale. Les recommandations de la commission Le Dain n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre.   <\/p>\n\n\n\n<div style=\"position: relative; padding-bottom: 56.25%; padding-top: 25px; height: 0;\">\n  <iframe src=\"\/\/www.cbc.ca\/i\/caffeine\/syndicate\/?mediaId=1627328995\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"\" style=\"position: absolute; top: 0; left: 0; width: 100%; height: 100%;\"><\/iframe>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9dicaments pharmaceutiques<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La consommation de m\u00e9dicaments est devenue plus courante dans les ann\u00e9es 1960, mais elle est rest\u00e9e moins visible en raison de l&#8217;attention disproportionn\u00e9e accord\u00e9e aux drogues ill\u00e9gales. Alors que les m\u00e9dias grand public se concentraient sur les substances criminalis\u00e9es comme l&#8217;h\u00e9ro\u00efne, la t\u00e9l\u00e9vision et le cin\u00e9ma refl\u00e9taient les changements qui se produisaient avec les m\u00e9dicaments pharmaceutiques comme le Valium, qui \u00e9tait utilis\u00e9 en dehors d&#8217;un contexte m\u00e9dical. Des films comme <em>Valley of the Dolls<\/em>, un drame sur trois femmes blanches et leur consommation de m\u00e9dicaments, refl\u00e8tent cette \u00e9volution. &#8220;La culture populaire a souvent mis l&#8217;accent sur le fait que la fronti\u00e8re entre les drogues l\u00e9gales et ill\u00e9gales est illusoire et instable. (Boyd 123)   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1971, pour lutter contre le commerce ill\u00e9gal et la production de &#8220;drogues synth\u00e9tiques&#8221;, les Nations unies ont \u00e9tendu la <em>Convention unique sur les stup\u00e9fiants<\/em> afin de contr\u00f4ler \u00e9galement plusieurs de ces substances. La m\u00eame ann\u00e9e, le ministre canadien de la sant\u00e9, John Munro, s&#8217;engage \u00e0 l\u00e9galiser la marijuana au Canada. Le <em>projet de loi S-19<\/em>, qui aurait supprim\u00e9 le cannabis de la <em>loi sur les stup\u00e9fiants<\/em>, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 mais n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en raison de l&#8217;opposition des forces de l&#8217;ordre. Par la suite, la criminalisation et l&#8217;oppression des communaut\u00e9s consommatrices de substances se sont poursuivies. La <em>loi sur le traitement de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne (Heroin Treatment Act<\/em> ) est entr\u00e9e en vigueur en Colombie-Britannique en 1978 et autorise la d\u00e9tention involontaire des personnes qui consomment des drogues et ont besoin d&#8217;un traitement.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&#8217;approche de la fin des ann\u00e9es 1970, l&#8217;esprit militant de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente s&#8217;essouffle, en partie \u00e0 cause des attaques du gouvernement contre les syndicats et d&#8217;une \u00e9conomie en perte de vitesse. Malgr\u00e9 cet essoufflement, les activit\u00e9s de plaidoyer visant \u00e0 mettre fin \u00e0 la guerre de la drogue se sont poursuivies au cours de la d\u00e9cennie suivante. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1980s &#8211; 2000 : R\u00e9sister \u00e0 la guerre de la drogue<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La prohibition et le traitement fond\u00e9 sur l&#8217;abstinence se sont poursuivis dans le cadre du n\u00e9olib\u00e9ralisme et la criminalisation de la consommation de substances s&#8217;est intensifi\u00e9e au Canada, \u00e0 l&#8217;instar des \u00c9tats-Unis. En 1986, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Ronald Reagan a r\u00e9affirm\u00e9 la &#8220;guerre contre la drogue&#8221; de Richard Nixon en augmentant les d\u00e9penses consacr\u00e9es \u00e0 l&#8217;application de la loi et en approuvant des peines minimales obligatoires pour les d\u00e9lits li\u00e9s \u00e0 la drogue. Le Premier ministre canadien, Brian Mulroney, a ensuite pr\u00e9sent\u00e9 la premi\u00e8re <em>strat\u00e9gie nationale antidrogue <\/em>du Canada, d&#8217;une dur\u00e9e de cinq ans, en 1987. Le Canada a ensuite sign\u00e9 la <em>Convention contre le trafic illicite de stup\u00e9fiants et de substances psychotropes<\/em> (ONU) en 1988, qui a \u00e9largi la r\u00e9pression internationale des drogues ill\u00e9gales. En 1997, la <em>Loi r\u00e9glementant certaines drogues et autres substances<\/em> a remplac\u00e9 la <em>Loi sur les stup\u00e9fiants<\/em> au Canada, mais est rest\u00e9e ancr\u00e9e dans les politiques prohibitionnistes.    <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au milieu des ann\u00e9es 1990, deux mouvements ont \u00e9merg\u00e9 en r\u00e9ponse \u00e0 la criminalisation de la consommation de substances au Canada : les personnes qui consommaient des drogues \u00e9taient \u00e0 l&#8217;avant-garde d&#8217;une \u00e9volution vers la r\u00e9duction des m\u00e9faits et des traitements plus compatissants et fond\u00e9s sur des donn\u00e9es probantes, et d&#8217;un mouvement de l\u00e9galisation du cannabis.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9duction des m\u00e9faits<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9duction des m\u00e9faits est apparue au niveau international dans les ann\u00e9es 1980 au Royaume-Uni et aux Pays-Bas comme un moyen de sauver des vies. Au Canada, les premiers programmes d&#8217;\u00e9change de seringues ont vu le jour \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 \u00e0 Vancouver, Toronto et Montr\u00e9al. Ces programmes allaient \u00e0 l&#8217;encontre des lois sur l&#8217;attirail de drogues de l&#8217;\u00e9poque, mais ils avaient pour but de sauver des vies et de pr\u00e9venir l&#8217;infection par le VIH. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, les overdoses de drogues et les infections par le VIH\/sida et l&#8217;h\u00e9patite C se sont multipli\u00e9es dans le Downtown Eastside de Vancouver. Les activistes ont exig\u00e9 des changements de la part des politiciens et, au m\u00e9pris de la loi, ont ouvert leurs propres sites d&#8217;injection non officiels, comme le Back Alley sur Powell Street, afin de sauver des vies et de r\u00e9pondre \u00e0 un besoin urgent en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique.      <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1997, les activistes Bud Osborne et Ann Livingston ont cofond\u00e9 le premier syndicat de consommateurs de drogues au Canada : le <a href=\"https:\/\/vandureplace.wordpress.com\/\">Vancouver Area Network of Drug Users<\/a> (VANDU). Le VANDU a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la d\u00e9fense des droits, de la sant\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 des personnes qui consomment des drogues et des habitants du Downtown Eastside. Ses membres ont mobilis\u00e9 la communaut\u00e9 et organis\u00e9 des manifestations pour attirer l&#8217;attention sur l&#8217;empoisonnement par les drogues et la crise du VIH qui s\u00e9vissaient \u00e0 l&#8217;\u00e9poque.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gr\u00e2ce \u00e0 leurs efforts, le Vancouver-Richmond Health Board a d\u00e9clar\u00e9 une urgence de sant\u00e9 publique en 1997, et le ch\u0153ur r\u00e9clamant des sites d&#8217;injection supervis\u00e9s et des traitements assist\u00e9s \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne s&#8217;est amplifi\u00e9. Apr\u00e8s une consultation \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la ville en 2001, le coordinateur de la politique des drogues de la ville de Vancouver, Donald MacPherson, a r\u00e9dig\u00e9 un rapport fondamental, <em>A Fours Pillar Approach to Drug Problems in Vancouver<\/em>, qui recommandait la r\u00e9duction des m\u00e9faits, ainsi que le traitement, l&#8217;application de la loi et la pr\u00e9vention comme priorit\u00e9s essentielles d&#8217;une strat\u00e9gie globale en mati\u00e8re de politique des drogues. Les &#8220;quatre piliers&#8221; ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s en tant que politique officielle par la ville de Vancouver et ont servi de base et d&#8217;inspiration aux approches politiques en mati\u00e8re de drogues de toutes les juridictions du Canada.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8220;Conna\u00eetre l&#8217;histoire de la prohibition canadienne peut nous aider \u00e0 mieux comprendre les \u00e9v\u00e9nements et les notions actuelles concernant les drogues et les personnes qui les consomment.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">MacPherson a \u00e9galement recommand\u00e9 d&#8217;ouvrir des sites d&#8217;injection s\u00e9curis\u00e9s et de proposer des traitements assist\u00e9s \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne. En 2003, Insite, le premier site officiel d&#8217;injection supervis\u00e9e au Canada, a ouvert ses portes et a commenc\u00e9 \u00e0 fournir des services de sant\u00e9 vitaux \u00e0 une communaut\u00e9 dans le besoin. Depuis 2002, le Dr. Peter Centre g\u00e9rait, sans l&#8217;approbation du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, un site d&#8217;injection supervis\u00e9 par des infirmi\u00e8res et int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 ses programmes de soins de sant\u00e9 habituels.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les conservateurs de Stephen Harper ont form\u00e9 le gouvernement en 2006 et ont pr\u00e9sent\u00e9 l&#8217;ann\u00e9e suivante leur <em>strat\u00e9gie nationale antidrogue<\/em>. Cette strat\u00e9gie s&#8217;opposait avec v\u00e9h\u00e9mence \u00e0 la r\u00e9duction des m\u00e9faits et privil\u00e9giait l&#8217;application de la loi, en s&#8217;appuyant sur des st\u00e9r\u00e9otypes et des mythes de longue date concernant la consommation de substances pour faire avancer leur programme antidrogue. Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par les personnes qui consomment des drogues et leurs alli\u00e9s allaient se heurter \u00e0 une opposition consid\u00e9rable de la part d&#8217;un gouvernement motiv\u00e9 par l&#8217;id\u00e9ologie et peu int\u00e9ress\u00e9 par la r\u00e9duction des m\u00e9faits. Les conservateurs de Stephen Harper ont tent\u00e9 de fermer Insite, mais n&#8217;y sont pas parvenus apr\u00e8s que la Portland Hotel Society et ses clients Dean Wilson et Shelly Tomic ont lanc\u00e9 une contestation constitutionnelle. En 2011, la Cour supr\u00eame du Canada a statu\u00e9 que la fermeture du premier centre d&#8217;injection supervis\u00e9 d&#8217;Am\u00e9rique du Nord constituerait une violation de la Charte des droits et libert\u00e9s pour les personnes qui d\u00e9pendent de ses services.    <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien qu&#8217;ils aient perdu cette bataille devant les tribunaux, les conservateurs f\u00e9d\u00e9raux continuent de mener la guerre contre la consommation de substances et les personnes qui en consomment. Ils mettent en \u0153uvre la <em>loi sur la s\u00e9curit\u00e9 des rues et des communaut\u00e9s<\/em> et modifient la <em>loi r\u00e9glementant certaines drogues et autres substances<\/em> afin d&#8217;en accro\u00eetre la port\u00e9e punitive. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Traitement assist\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne et nouvelle crise des overdoses<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1984, le gouvernement a lev\u00e9 l&#8217;interdiction des licences d&#8217;importation d&#8217;h\u00e9ro\u00efne, et un essai de traitement assist\u00e9 par l&#8217;h\u00e9ro\u00efne (TAH) a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 Vancouver et \u00e0 Montr\u00e9al en 2005. Le traitement s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 efficace et b\u00e9n\u00e9fique pour les consommateurs d&#8217;opiac\u00e9s \u00e0 long terme qui ne r\u00e9agissaient pas aux interventions sanitaires conventionnelles. Toutefois, aucun programme permanent de THA n&#8217;a \u00e9t\u00e9 mis en place \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Un deuxi\u00e8me essai de traitement assist\u00e9 par l&#8217;h\u00e9ro\u00efne a ouvert ses portes \u00e0 Vancouver \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e 2011. En 2013, cinq plaignants (participants \u00e0 l&#8217;essai) et Providence Health Care of British Columbia ont donc d\u00e9pos\u00e9 un recours en vertu de la Charte contre le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Mais en 2005, les lib\u00e9raux ont battu les conservateurs de Stephen Harper et ont retir\u00e9 l&#8217;affaire. Depuis septembre 2017, la Crosstown Clinic de Vancouver offre le seul programme de traitement assist\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00e9ro\u00efne en Am\u00e9rique du Nord.      <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Lawyer Douglas King on Pivot Legal&#039;s fight to keep Crosstown Clinic open\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ysY7_DfX4iY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette histoire ne s&#8217;arr\u00eate pas l\u00e0 : Entre 2010 et 2020, une autre \u00e9pid\u00e9mie d&#8217;intoxication et d&#8217;overdose est apparue, d&#8217;une ampleur et d&#8217;une gravit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le fentanyl et le carfentanil ill\u00e9gaux et non r\u00e9glement\u00e9s ont contamin\u00e9 l&#8217;approvisionnement en drogues illicites et entra\u00een\u00e9 des milliers de d\u00e9c\u00e8s au Canada. \u00c0 l&#8217;heure o\u00f9 nous \u00e9crivons ces lignes, plus de 17 000 personnes sont mortes d&#8217;un empoisonnement \u00e0 la drogue ou d&#8217;une overdose au Canada et, pour la premi\u00e8re fois en quarante ans, l&#8217;esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance a cess\u00e9 d&#8217;augmenter. La Colombie-Britannique, l&#8217;Alberta et l&#8217;Ontario sont les provinces les plus touch\u00e9es par cette crise. Les derni\u00e8res pages de <em>Busted : An Illustrated history of Drug Prohibition in Canada<\/em>, se penchent sur cette dure r\u00e9alit\u00e9, ainsi que sur l&#8217;activisme des responsables de la r\u00e9duction des m\u00e9faits et de certains politiciens, qui ont audacieusement confront\u00e9 l&#8217;apathie \u00e0 l&#8217;action. Le livre relate \u00e9galement la lutte pour la l\u00e9galisation de la marijuana, qui s&#8217;est finalement achev\u00e9e en 2018 lorsque le cannabis est devenu l\u00e9galement accessible dans tout le Canada. Cependant, <em>Busted<\/em> affirme \u00e9galement que la nouvelle <em>loi sur le cannabis<\/em> ne s&#8217;est pas totalement affranchie de la criminalisation, car certaines des peines pr\u00e9vues pour les infractions \u00e0 la <em>loi<\/em> sont tr\u00e8s punitives. La <em>loi<\/em> n&#8217;exon\u00e8re pas non plus les personnes ayant un casier judiciaire pour des infractions non violentes li\u00e9es au cannabis.       <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Actuellement, des initiatives et un activisme audacieux sont en train d&#8217;\u00e9crire le prochain chapitre de la politique des drogues au Canada : un mouvement de <a href=\"https:\/\/capud.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">personnes qui consomment des drogues<\/a> et de <a href=\"https:\/\/www.momsstoptheharm.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">m\u00e8res qui ont perdu des fils et des filles<\/a> est en train de red\u00e9finir des points de vue d\u00e9suets et nuisibles sur la consommation de substances ; des programmes de r\u00e9duction des m\u00e9faits men\u00e9s par la communaut\u00e9 apportent de l&#8217;espoir et de la vie l\u00e0 o\u00f9 la consommation de substances rencontre la pauvret\u00e9 ; et des <a href=\"https:\/\/www.mysafe.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">m\u00e9decins utilisant la technologie r\u00e9duisent les obstacles \u00e0 l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 des m\u00e9dicaments s\u00fbrs et r\u00e9glement\u00e9s pour les personnes qui en ont besoin<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Soyez du bon c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;histoire. Soutenez les politiques en mati\u00e8re de drogues fond\u00e9es sur la compassion, les principes de sant\u00e9 publique et la justice pour tous. Votre point de vue compte et, collectivement, nous pouvons donner aux responsables politiques les moyens de promulguer les lois qui contribueront \u00e0 sauver des vies et &#8211; dans le cas de la politique antidrogue &#8211; \u00e0 redresser le cours erron\u00e9 de l&#8217;histoire.  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-35f06ea7 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-fill-lg is-style-fill-lg--2\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/fr\/passez-a-laction\/subscribe-to-newsletter\/\">Rejoignez le mouvement pour le changement<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici un bref historique de la politique canadienne en mati\u00e8re de drogues, r\u00e9sum\u00e9 \u00e0 partir de Busted : An Illustrated History of Drug Prohibition in Canada. 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