Les droits de la personne en premier lieu

Au Canada, nous savons que l’approche de la santé publique est celle qui convient le mieux pour traiter de l’utilisation de substances problématique. Cependant, dans bien des pays du monde entier, les initiatives de contrôle des drogues se soldent par de sérieuses violations des droits de la personne.

Les personnes qui utilisent des drogues peuvent se faire prendre par les forces de l’ordre internes et dans bien des pays, subir des pratiques draconiennes au nom du contrôle des drogues. Ce sont notamment l’humiliation publique, la détention arbitraire, les coups, la torture, l’incarcération, le viol, la privation de nourriture, de médicaments ou de services de santé, et même la mort.

Protéger la santé publique

Le principe directeur des Conventions internationales de contrôle des stupéfiants est la santé publique. Ironiquement, c’est souvent au nom de l’application de ces traités qui visent à protéger la santé publique et à réduire la souffrance humaine que les autorités commettent de telles violations atroces des droits de la personne, et méprisent l’application des conventions internationales de contrôle des stupéfiants.

Protéger les gens

Dans nombre de pays, la vaste majorité des ressources liées au contrôle des drogues sont investies dans la police, la prohibition et la sécurité des frontières. Au Canada, 70 % des fonds de la Stratégie nationale antidrogue sont alloués à la police et au contrôle des frontières.

Cet accent mis sur la répression et la punition en tant que méthodes pour réduire l’offre et la demande de drogues illicites dans de nombreux pays place les personnes qui utilisent des drogues à risque. L’acte d’utiliser une substance illégale par suite d’une dépendance, d’une tentative de s’auto-médicamenter ou comme moyen de survie peut provoquer des sanctions sévères et disproportionnées dans bien des pays.

Abolir la peine de mort

Bien qu’un mouvement en faveur de l’abolition de la peine de mort grandisse dans le monde entier, imposer la peine de mort pour des infractions liées aux drogues fait encore loi dans 32 administrations du globe. Et dans 13 de celles-ci, la peine de mort est obligatoire pour certaines catégories d’infractions liées aux drogues. Au moins 12 d’entre elles ont procédé à une exécution pour des infractions liées aux drogues dans les trois dernières années.

La fin des victimes

On porte peu d’attention à la souffrance et aux deuils que subissent bien des personnes qui utilisent des drogues parce qu’elles sont victimes de la guerre aux drogues. Hélas, certaines des personnes les plus vulnérables qui sont affectées par la guerre aux drogues sont les enfants, dont bon nombre perdent leurs parents par des surdoses, le VIH/sida ou d’autres complications médicales liées aux drogues. Le système de justice pénale qui continue d’incarcérer tant de gens pour des infractions non violentes liées aux drogues fait aussi des orphelins.

Une occasion pour le Canada

Le Canada a l’occasion chaque année, par l’intermédiaire de sa délégation à la Commission des stupéfiants, d’exposer les violations des droits de la personne qui ont lieu au nom de la guerre aux drogues internationale.

Notre délégation doit être sans équivoque – nous nous soucions des droits de la personne des gens qui utilisent des drogues dans d’autres pays.

Le Canada a été un chef de file en ces matières dans le passé. Notre délégation pourrait proposer une résolution, rappelant les engagements pris à la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/sida en juin 2011 qui obligent les États à réduire de 50 % le nombre de personnes qui contractent le VIH en utilisant des drogues par injection d’ici 2015. La résolution pourrait également mentionner le fait que la détention arbitraire et la torture ne sont pas considérées comme étant un traitement ou une prévention du VIH.

Le Canada pourrait aussi proposer une résolution demandant aux pays d’intégrer des stratégies de prévention des surdoses de drogue dans leurs plans stratégiques nationaux. Le leadership au niveau mondial est indispensable et la CCPD collaborera avec des ministères fédéraux afin de prodiguer des conseils et des idées pour des recommandations constructives de politiques internationales.

Sources : en anglais seulement
The Death Penalty for Drug Offenses: A Global Overview, International Harm Reduction Association, 2010
Human Rights and Drug Control Policy. Briefings for the UN Commission on Narcotic Drugs, Open Society Foundations. 2010
At What Cost? HIV and Human Rights Consequences of the Global War on Drugs. Open Society Institute, Public Health Program.
Children of the Drug War: Perspectives on the Impact of Drug Policies on Young People, Damon Barret editor, the International Debate Education Association, New York, 2011.

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